Agnès, la femme qui murmurait à l’oreille des chevaux comtois

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Pour clore ma petite série d’articles sur la découverte des Montagnes du Jura avec mon amie Violaine, je souhaitais dresser le portrait d’Agnès Rousseau, une femme particulière qui nous a accueillies dans son village, à Malpas. Cocher professionnel, elle travaille également le cuir pour fabriquer divers objets, notamment des harnais pour les chevaux, des colliers pour les vaches… Deux métiers rares qu’elle exerce avec passion.

Quand je repense aux Montagnes du Jura, un mois après notre week-end de détente entre copines, je dois dire que je pense aux femmes que nous avons rencontrées. Je vous ai déjà parlé de Christine, qui s’est battue bec et ongles pour vivre dans l’ancienne ferme La Champagne, sur les hauteurs des Hôpitaux-Neufs. Elle en a fait un lieu à son image, en accord avec ses convictions : toute l’eau utilisée par les habitants et les hôtes provient de la récupération d’eau de pluie, et l’électricité est produite par les panneaux solaires présents et stockée sur place. C’est comme ça, chez Christine et Fred. Et ça marche. Quand Christine nous racontait, au coin du feu, son histoire, j’ai entendu parler une femme de caractère, qui sait ce qu’elle veut, profondément amoureuse du territoire où elle vit, pour lequel elle a plein de projets, plein d’idées. Nous partons de chez elles revigorées et pleines de sa force communicative.

IMG_7757On met ensuite le cap vers les Argoules, où nous retrouvons Agnès Rousseau, qui prépare son cheval Seigneur. Je ne suis pas très habituée à voir des chevaux de près, mais je sens tout de suite que celui-ci est vraiment énorme. Normal : c’est un comtois, un cheval de trait. Il a été dressé pour conduire une charrette ou un traîneau, et autant vous dire qu’il obéit au doigt et à l’oeil (enfin surtout à la voix) de son cocher, Agnès.

Durant la promenade dans le village, elle nous dévoile quelques-uns de ses secrets de cochers. Nous parle de sa motivation sans faille pour devenir l’une des rares femmes diplômées dans ce domaine en France. Quand on passe près du pré où se reposent les autres chevaux d’Agnès, Seigneur hennit un petit coup en reconnaissant ses copains. Je n’en crois pas mes yeux. La communication avec l’animal est tellement directe, tellement simple… Quand on est qualifié pour le faire. On en apprend beaucoup sur la relation entre l’homme et les animaux. Agnès s’intéresse de plus en plus au rôle des animaux, et notamment des chevaux, dans le traitement de certaines maladies.

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En été, c’est sur les routes du village qu’Agnès emmène ses visiteurs. Et durant l’hiver, encore plus féérique, Seigneur tire un traîneau dans la neige, effet Père Noël garanti. De retour à la ferme, Agnès s’occupe de Seigneur, qui a très bien travaillé, pendant qu’on fait coucou aux autres chevaux dont elle s’occupe.

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Le blanc à gauche, est-ce qu’on ne dirait pas TROP Jolly Jumper ?

 

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Bien joué Seigneur !

De la passion des chevaux… à celle du cuir

IMG_7838Agnès nous invite ensuite à la suivre dans son atelier, où elle confectionne, entièrement à la main, des attelages pour chevaux et toutes sortes d’autres objets en cuir. Ce qui va de pair avec sa passion pour les chevaux. Sous la lumière coupante, les outils sont alignés, rangés par taille. Toutes sortes de cuirs sont stockés près de l’atelier. J’admire l’abnégation de cette femme qui s’est passionnée pour le travail du cuir, ayant réponse à tout (croyez-moi, poser des questions chiantes, c’est mon job). Elle nous présente tous ses outils et se lance dans la réalisation d’un petit collier, de la découpe du cuir jusqu’à la couture de la finition. C’est presque chirurgical, en fait : on découpe au millimètre près, avec une lame affutée, on retient son souffle, la concentration d’Agnès est palpable dans l’air. Pour déterminer le centre de la pièce de cuir, afin d’y percer un trou, elle utilise des compas. Rien, vraiment, n’est laissé au hasard. Par curiosité, je regarde de plus près la ceinture que je porte ce jour-là : elle n’est de loin pas cousue main, un simple rivet métallique tient la boucle. Zut.

L’étape de la couture à la main est vraiment intéressante : un fil solide est arrimé, de part et d’autres, à deux grosses aiguilles, et le fil passe ainsi deux fois dans chaque trou préalablement percé. Il n’y a pas à dire, c’est fait pour tenir des décennies. Chacune des créations d’Agnès est marquée de son sceau, très poétique. Comme Agnès sait faire toutes sortes d’objets en cuir (des colliers pour les animaux de compagnie… ), je me suis notée dans un coin de ma tête de lui commander une ceinture, un de ces quatre, ce qui ferait un cadeau de Noël assez unique en son genre !

 

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4 réponses

  1. Charly
    | Répondre

    De beaux métiers qui se perdent. C’est toujours de la curiosité et de l’émerveillement quand on croise ces personnes qui perdurent ces traditions avec passion.
    Ça du être une belle rencontre.

    • Sarah Lachhab
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      Et c’est aussi un plaisir quand ces gens sont disposés à parler de leurs métiers, c’est pas toujours évident :)
      Merci pour ton commentaire !

  2. firstlabelgroup
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    Merci pour ce bel article !

  3. Blog Guyane
    | Répondre

    Intéressante expérience! Merci de nous l’avoir fait partager!

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