A Edimbourg, j’ai retenu une leçon…

waverley2

Je prépare un abécédaire sur Edimbourg et quelques autres petits articles sur les nouvelles facettes de la ville que j’ai pu découvrir. Mais d’abord, j’avais envie de tenter d’expliquer pourquoi, pour la deuxième fois, je me suis sentie parfaitement bien à Edimbourg. C’est un premier retour, un peu sensoriel… J’ajoute quelques images, et tiens, pour une fois, quelques sons qui m’ont accompagnée dans mes balades. (Edit : j’ai dû virer mes beaux players Spotify, pas lisibles par tous. J’ai trouvé certaines des pistes qu’il me fallait sur Soundcloud, ouf !)


 

Je ne sais pas si c’est si fréquent, pour moi, de retourner dans un lieu vu, déjà, auparavant. Et pourtant. Dès l’instant où je me suis retrouvée chez moi, le premier novembre dernier, fraîchement rentrée d’Edimbourg, je savais qu’il me faudrait vite retourner marcher dans cette ville. Si la première visite avait été furtive, j’avais envie, à présent, de simplement m’y poser, sans trop de plans, sans trop de rêves.

vue Edinburgh
Et au loin, le château…

J’avais pris cet aller-retour puisqu’il n’était pas cher. En me disant « si j’ai trop de boulot, tant pis, je le perdrai. Mais on ne sait jamais… » Alors je me suis arrangée pour que tout soit fini à temps. Cette semaine à Edimbourg, c’était en quelque sorte ma carotte. Et ce lundi matin, j’ai pris mon petit sac, ma grosse veste, et je suis partie.

A l’atterrissage, c’est l’euphorie. J’ai laissé de la neige en Isère, voilà un ciel bleu et un insolent soleil. Mon premier Ecossais, c’est le vendeur du ticket de bus. On rigole un peu et je saute juste à temps dans le bus à deux étages. C’est parti. Je suis là, presque pétrifiée de joie. Mais pourquoi ?

 

Parler anglais pour le plaisir

D’abord, j’ai un peu bredouillé, et puis en quelques jours, je me prenais à penser en anglais. C’est marrant de se plonger dans une langue comme dans un bain chaud, progressivement, et puis sans s’en rendre compte, finalement. J’entends mes profs d’anglais glousser, mais il faut dire que l’envie de parler anglais, de baigner dans la langue, joue beaucoup dans mon empressement à revenir en Ecosse. Et pourtant, avant l’automne dernier, je n’avais jamais mis les pieds au Royaume-Uni. Il va maintenant falloir que je rattrape mon retard…

Comme dans beaucoup de grandes villes, à Edimbourg, peu de gens sont réellement natifs d’Ecosse. J’ai surtout rencontré des Anglais, et quelques Polonais. Mais vous reconnaitrez les Ecossais immédiatement, à leur accent. Qui est fort charmant, par ailleurs. On entend parfois quelques R rouler, des O très accentués. Je confesse que certaines personnes âgées étaient hautement incompréhensibles pour moi. C’est exotique…

Une ville en trois dimensions 

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Au coeur du National Museum, je vous raconterai très vite…

Mon sens de l’orientation n’est pas opérationnel. C’est un fait. Edimbourg, en sachant ça, aurait pu être un labyrinthe d’où jamais je ne serai ressortie. C’est un exercice mental que de se représenter le plan de la ville mentalement. On évolue réellement sur plusieurs étages, le plus bas étant Waverley Station et les jardins, le plus haut, le château et les « sommets » de Arthur’s Seat et Calton Hill. Entre ces deux extrémités, une multitude de niveaux, de passages secrets, de rues qui montent et qui descendent, contournent par ici ou par là. Heureusement, lever le nez permet souvent de se situer…

J’ai adoré me perdre progressivement, croire tenir le fil, et finalement, être totalement ailleurs.

La sensation est un peu la même quand on passe d’un quartier à l’autre. Pas très grande, la ville se parcourt très facilement à pied. Je vous parlerai plus précisément des balades à faire en ville mais honnêtement, voir ces rues qui montent, qui descendent, qui serpentent, donne incroyablement envie de continuer à avancer. Tout le temps. Je crois que l’une de mes marches préférées aura été la descente de Leith Walk, depuis le centre jusqu’à la côte, alors que le soleil baissait dans mon dos. Si je devais vivre là-bas, ça serait dans ce quartier-là. Un café après l’autre, des supermarchés curieux, des chaises dans les rues. « C’est là que se passe l’histoire de Trainspotting », me dit-on. Je prends.

Evidemment, j’ai envie de parler de bouffe. Mais je le ferai sans doute un peu plus tard. Comme à Berlin, il faut, à Edimbourg, résister à la tentation de rentrer dans chaque café mignon. Mais m’assoir face à un chocolat chaud et un scone en fin d’après-midi, sincèrement, c’était un vrai plaisir. Je n’ai pas vraiment mangé au restaurant mais je vous conseille l’article récent de Virigine (A taste of my life) sur le sujet. Attention, ça donne envie !

Des vieilles pierres et de la verdure 

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Ma maison préférée à Leith…

Il y a cette sensation que j’aime au centre de Strasbourg, qui point à Edimbourg, aussi. Le fait que la moindre maisonnette, le moindre pavé est là depuis des siècles. La pierre est si noire à Edimbourg qu’elle pourrait être triste. Mais non. Elle est vivante. On n’est là que pour en témoigner. Juste pour un moment.

La ville d’Edimbourg n’est pas très « haute ». A part dans le fin fond de Leith, je n’ai pas vu vraiment de grands immeubles, de « barres » tellement communes par chez nous. Il y a beaucoup de maisonnettes individuelles, et j’ai longtemps joué à « quelle maison on choisirait ». Je crois que j’ai trouvé, à la fin de mon séjour, une petite maison parfaite, à l’ombre d’une église qui semblait abandonnée, à Leith.

L’autre truc qui m’hallucine, c’est le nombre de petit cimetières que l’on trouve partout (mais ça j’ai l’impression que c’est partout au Royaume-Uni), et parfois, ils semblent abandonnés, du moins peu entretenus. Cote romantique : + 1000 direct. Mais ça m’interpelle à chaque fois. Et je ne peux m’empêcher d’ailler regarder quelques pierres, déchiffrer telle ou telle date et remonter dans le temps pour quelques instants. Je devrais me documenter plus sur l’histoire de la ville parce que le centre ancien semble vraiment receler de mille histoires. Je me souviens de ce cercle de pierre claire, sur Royal Mile, la rue principale qui mène au château : « ah oui, c’est ici qu’on coupait la tête des condamnés à mort. On peut y cracher, ça porte chance ». Non merci, mais l’histoire me fait sourire…

 

Du son, tout au long…

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Petites maisons basses à Circus Lane

Ma petite découverte personnelle, grâce à Camille et Tao qui m’ont accueillie durant la semaine, c’est une comédie musicale : Rent. La première, pour moi, en fait. C’est l’histoire d’une bande d’amis en galère qui survivent dans le New York des années 90, dans la misère, le SIDA, les descentes de flics. Une troupe d’étudiants, Edinburgh University Footlights, a monté la comédie musicale, nous avions pris nos tickets quelques semaines avant. Il faut savoir que Camille et Tao sont des fans absolus de comédie musicale, je n’aurais pu rêver d’une meilleure compagnie pour une telle expérience. La veille du spectacle, nous regardons le film (musical aussi) pour que je ne sois pas trop perdue avec l’histoire. Et ensuite, direction le quartier de Morningside pour une soirée magique dans cette ancienne église transformée en salle de spectacle… J’ai souvent vu des pièces de théâtre, mais jamais de de comédies musicales. Et je dois dire que j’ai adoré faire face à des chanteurs puissants et passionnés, c’est vraiment autre chose qu’à la télévision.

Les airs de cette production ont en quelque sorte marqué mon voyage. Je vous en pose deux là en vous conseillant de jeter un oeil à toute l’histoire, qui se fraye facilement un chemin jusqu’au coeur.

Et je vais terminer avec ces quelques lignes, d’ailleurs. Ma leçon d’Edimbourg.

« There’s only us, there’s only this

Forget, regret, or life is yours to miss

No other road, no other way,

No day, but today… »

Il n’y a pas d’autre jour que celui-là. C’est tout con.

sunset

11 réponses

  1. argone
    | Répondre

    J’ai eu aussi un coup de foudre pour cette ville …. quelle beauté, quelle histoire. Seul bémol, un mal fou à comprendre les écossais, mais ils sont tellement gentils qu’on les pardonne ! :-)

  2. LadyMilonguera
    | Répondre

    Ton enthousiasme est communicatif, j’ai bien envie d’y faire un saut maintenant…

  3. Graziella
    | Répondre

    Tout ça donne drôlement envie d’aller traîner sa carcasse, son âme et le reste dans les rues de la ville! j’adore la petite phrase de fin :)

  4. Aaaah l’accent écossais, toute une histoire… C’est chouette de mettre ta musique en même temps, on rentre dans ton petit monde j’aime bien :D

  5. Lucie
    | Répondre

    Ah l’accent écossais! J’ai eu une coloc écossaise, au début je comprenais pas grand chose quand elle parlait. Et puis on s’habitue et on apprécie. Ca change de l’accent anglais et c’est très mignon. Edimbourg est toujours sur ma to do list, je repousse en me disant que j’ai bien le temps vu que c’est juste à côté (seulement 1h de vol de Londres) et au final, je n’y suis jamais allée. Tu as l’air amoureuse de cette ville :) as-tu prévu un 3ème voyage là-bas?

    • Sarah Lachhab
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      Ah oui sans doute ! Pourquoi pas avec une météo plus estivale… Même si j’adore l’ambiance d’hiver.
      J’adorerais m’y installer, par ailleurs. C’est peut-être pour ça que j’ai un sentiment tellement particulier là bas :)

  6. natpiment
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    nous aussi on a pris un billet tellement pas cher que ce serait dommage de s’en passer…on part en avril ♥♥♥

  7. Laurent
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    Certains trouvent Édimbourg un peu glauque et sinistre avec ses bâtiments tous noirs, mais sous un beau soleil de novembre, je dois avouer que j’avais été plutôt charmé. Et puis cet accent !!

  8. […] parler d’Edimbourg, une ville qui m’a beaucoup accrochée, j’essaye de construire un abécédaire. C’est une forme qui me plaît : il n’y a […]

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