Machu Picchu : Avant de l’admirer, il faut y arriver !

Posté dans : Pérou | 5
Nul ne sait quelle route a suivi ce lama au sourire ravageur, photographié par Sina
Nul ne sait quelle route a suivi ce lama au sourire ravageur, photographié par Sina

Passage presque obligé de tout bon visiteur au Pérou, le Machu Picchu reste une visite qui se prépare et se mérite. Impossible, ou presque, de s’y rendre sur un coup de tête, et les informations ne sont pas si faciles à trouver. Entre la réservation des billets d’entrée, la planification des transports et la découverte du site, nous allons essayer de vous décrire notre expérience, en espérant que ces quelques lignes seront utiles à quelques futurs visiteurs…

Une semaine avant leur arrivée au Pérou, conseil de guerre avec nos copains Alice et Sina : « bon, on y va quand et comment, au Machu Picchu? » S’en suivirent de nombreuses heures de recherche sur les blogs et les forums. Grosse angoisse. On sait déjà que c’est cher, compliqué, et plus si affinités. Heureusement, depuis notre arrivée au Pérou, nous interrogions tous les voyageurs que nous rencontrions à ce sujet. Alors voilà une petite typologie, pas complète, mais qui reflète nos propres recherches.

Les billets d’entrée au Machu Pichhu, on les prend où ? 

Depuis quelques temps, le nombre de visiteurs quotidiens admis sur le site est limité à 2500. L’Unesco, pour préserver les ruines, voudrait faire baisser ce chiffre à 1000 par jour mais comme vous pouvez l’imaginer, il y a des lobbies locaux qui ne sont pas du même avis. S’il est possible d’acheter, parait-il, des billets dans la commune d’Aguas Calientes, véritable camp de base des visiteurs du Machu, il est préférable de les payer en ligne sur ce site. Ensuite, il n’y a qu’à les imprimer et les faire scanner à l’entrée. C’est pas top comme souvenir, mais ça a le mérite d’être très pratique.
Il est également possible d’acheter ces billets dans l’une des nombreuses agences de voyage que vous croiserez sur votre chemin. Suffit de choisir sa gamme de prix. Pour le cher, ça peut monter très haut, mais beaucoup de voyageurs pressés nous ont raconté avoir payé environ 150 dollars pour un package « transport (on en reparle plus bas) + auberge + ticket d’entrée ».

Si vous choisissez l’option « réservation en ligne », il vous en coûtera 128 sols (35 euros) pour l’entrée seule, plus quelques sols supplémentaires pour grimper sur Wayna Picchu (400 entrées par jour) ou la Montana, où l’on peut admirer le site d’en haut.

Il y a une voie sur laquelle nous ne pouvons vous donner d’infos : le trek. Il y a bien sûr le célèbre Inca Trail, très cher et très fréquenté, ou encore le Salkantay Trail qu’ont parcouru Seb et Madeleine. 

Arriver à Aguas Calientes, le casse-tête ?

Avant de s’attaquer au Machu Picchu, il faut d’abord atteindre son camps de base : Aguas Calientes, une petite commune constituée uniquement d’hôtels, de mauvais restaurants et de boutiques à souvenirs. De là, au petit matin, vous pourrez aller mouliner des genoux pour atteindre les sommets tant attendus.
Y arriver reste un peu compliqué, si tant est que l’on a pas des centaines de dollars à dépenser. En effet, le moyen plus simple de rejoindre Aguas Calientes est de prendre le train à partir de Cusco. L’un des plus chers du monde au kilomètre. Il faut compter au minimum 150 dollars pour faire l’aller-retour, mais on dépasse rapidement ce budget si l’on réserve tard. Bref, on a rapidement éliminé cette solution. Petite confession : la veille de notre arrivée à Cusco, nous n’avions toujours rien calé… Ah bravo les gars !

Le train entre l'usine hydro-électrique et Aguas Calientes...
Le train entre l’usine hydro-électrique et Aguas Calientes…

Pour alléger (un tout petit peu) le prix du ticket de train, il est possible d’aller en transport en commun de Cusco à Ollantaytambo, puis attraper le train pour Aguas Calientes. Est-ce un choix malin ? On ne sait pas.

Autre solution : partir pour mieux revenir. Autrement dit, dépasser, sur la carte, Aguas Calientes et rejoindre l’usine hydro-électrique derrière le petit village de Santa Theresa. De là, on peut soit prendre le train une petite heure pour « seulement » 18 dollars, ou alors faire une magnifique promenade de 2h30 le long des rails jusqu’à Aguas Calientes. C’était notre choix, et nous ne le regrettons pas. Cela dit, il manque une info : comment trouver cette fameuse usine ? Trois choix s’offrent à vous : vous êtes un aventurier hispanophone qui a plein de temps, vous prenez un collectivo après l’autre pour rejoindre Santa Theresa puis l’usine (ou alors, vous marchez depuis Santa Theresa mais ça prend un sacré bout de temps) ce qui devrait être la solution la moins chère (50 sols environ au retour) mais aussi la plus hasardeuse. Vous êtes tout seul et pas trop sûr de vous en sortir avec les transports locaux? Vous réservez une place dans une navette touristique par une agence (35 dollars l’aller chez la seule que l’on a consulté, mais sans doute négociable avec un aller-retour) qui vous déposera à l’usine. A vous ensuite de choisir entre le chemin et le train. Si vous êtes plusieurs, le taxi est une bonne alternative : à quatre, nous avons payé 300 sols l’aller, soit 20 euros par personne, pour 5 heures de trajet. C’est un bon compromis coût/temps, surtout quand on est un groupe et qu’on s’y prend à la dernière minute… En plus, vous avez le loisir de vous arrêter quand bon vous semble pour aller aux toilettes, faire une petite photo, ou acheter quelques bananes produites dans le coin.

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Le départ de la petite marche le long des rails…

Nous avons vraiment aimé la marche entre l’usine hydro-électrique et Aguas Calientes. C’est magnifique, on s’enfonce peu à peu dans la nature tout en suivant la rivière et les rails… Alors, il n’y a pas énormément de panneaux, mais on croise régulièrement quelques marcheurs qui se feront un plaisir de tendre le bras dans un sens ou dans l’autre pour aider.

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Le relief, les rails, le fleuve.
Le relief, les rails, le fleuve.

Bon, voilà Aguas Calientes… Et maintenant ? Comment on grimpe, à la fin ?

En deux mots : les mollets sont claqués, le soleil se couche, et la ville est si morne qu’il n’y a rien d’autre à faire qu’aller poser son sac à l’auberge et se reposer. Si, il parait qu’il y a des bains chauds au nord du village. On n’a pas eu le temps d’aller voir.

Le lendemain, le réveil sonne à 4 heures. On avale un petit déjeuner, on prépare deux petits sacs pour la grande ascension. Là encore, les informations ne sont pas claires : sur le billet, on nous explique qu’il est interdit d’emmener des bouteilles d’eau en plastique et de la nourriture au Machu Picchu. A l’auberge, on nous dit que tant qu’elle est au fond du sac, la bouteille passe. Bon. On fait petit, on emmène deux bouteilles d’un litre et rien à manger (on le regrettera). A 5 heures, nous sommes au point de contrôle du bas de la montagne. Le jour se lève déjà (à cette période de l’année, finalement, nos lampes frontales sont inutiles).

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Une marche, puis une autre, puis une autre...
Une marche, puis une autre, puis une autre…

On présente nos billets et on commence l’ascension du Machu, qui nous prendra environ une heure de grimpette. C’est essentiellement des marches, alors mieux vaut y aller tranquillement pour garder son souffle. Autour de nous, nous entendons les bus qui transportent les visiteurs directement en haut de la montagne. Ceux-ci coûtent 8 dollars l’aller. Une fois en haut, à six heures, on trouve qu’il y a quand même beaucoup de monde mais nous reverrons ce jugement une fois noyés dans la foule massée à l’entrée aux alentours de midi. Vous ne serez pas seuls en entrant à 6 heures sur le site : mais au moins, vous pourrez mettre un pied devant l’autre. Ca y est, mission accomplie : on présente encore une fois les billets et on pénètre enfin dans les ruines du Machu Picchu… Mais ça, c’est une autre histoire !

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Quelques conseils pour résumer ? 

– Ne vous découragez pas. Avec un tout petit peu de préparation, le Machu Picchu peut très facilement se faire en solo, tranquillement.
– Posez des questions autour de vous. A Lima, Arequipa, partout, vous rencontrerez des voyageurs ayant déjà vu le Machu Picchu qui pourront vous donner des tuyaux.
– N’oubliez pas la petite laine. Même s’il ne faisait pas froid lors de l’ascension matinale, nous avons eu quelques moments pluvieux et venteux, surtout au sommet de la Montana (3000 mètres quand même).
– Dans votre sac, prenez une petite bouteille d’eau et un fruit ou deux, tout en sachant qu’il est possible qu’on vous la prenne. Les gourdes, elles, sont les bienvenues. J’ai eu l’impression qu’en sachant que les bouteilles en plastique et la bouffe étaient « interdites », les gens ne laissaient rien traîner. Même si on a vu quelques saletés, le sommet du site est propre malgré l’absence de poubelles.
– Equipez-vous. Que vous fassiez une ou deux montées ou simplement la visite des ruines : il y a des cailloux, des marches glissantes, des plantes. Les bonnes baskets, la protection solaire voire le pantalon long sont de mise.
– Si vous choisissez l’option taxi, vérifiez l’état de la voiture. Après Santa Maria, la route devient piste et même si notre chauffeur était chouette, on ne pouvait pas en dire autant de sa voiture qui a largement souffert du trajet… Donc, l’essentiel : ne prenons pas de risques !

5 réponses

  1. Laurent
    | Répondre

    Et bien merci pour ces très bons conseils que je vais garder précieusement. Cette approche du Machu Picchu semble faite pour moi qui aime bien en général bouder les solutions trop simples ;-) Mes pieds n’ont jusqu’à présent jamais touché l’Amérique du Sud mais ça ne peut que arriver un jour.

  2. Graziella Lopez
    | Répondre

    Trop cool tous ces petits conseils pour les futurs voyageurs! Ca ne donne que plus envie d’y aller :)

  3. Lemoine Marc
    | Répondre

    Cela fait deux ans, que je dois m’y rendre, mes j’ai toujours eu des contres temps ou des empêchements avec mon travail…

    En principe, je suis parti cette été pour découvrir le Machu Picchu, j’espère que rien cette fois-ci ne m’empêchera de l’atteindre..

    Au vue de vos images, j’ai vraiment hâte… grand merci pour vos conseils…

  4. LadyMilonguera
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    Ce trail doit être une formidable expérience !!!

    • longscourriers
      | Répondre

      Depuis, dès qu’on grimpe un peu, je me dis : « bon, ça va, c’est pas le Machu.. » :)

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