Mon abécédaire sentimental à Edimbourg (1/2)

Posté dans : Ecosse, Europe, Home, Royaume-Uni | 11

jamaicaPour parler d’Edimbourg, une ville qui m’a beaucoup accrochée, j’essaye de construire un abécédaire. C’est une forme qui me plaît : il n’y a pas de hiérarchie, juste l’ordre alphabétique, on peut y accrocher ce qu’on veut, sauter d’une entrée à l’autre. Cela me permet de vous parler des basiques du centre-ville et d’autres petites choses… Je vous le fais même en deux parties, pour ne pas vous essouffler ! Alors bien sûr, c’est un abécédaire un peu adapté et complètement illogique, illustré avec quelques images que j’ai partagées sur Instagram. Vous serez prévenus !

A comme… Auld Reekie, of course. 

C’est le vieux surnom d’Edimbourg. Littéralement, ça veut dire « la vieille qui pue », ce qui n’est pas, je vous l’accorde, proprement engageant. Mais c’est un fait : parfois, cette odeur indescriptible embaume la ville. J’ai demandé, autour de moi, comment est perçue cette odeur. L’urine, pour certains, les céréales, pour d’autres.  Personnellement, j’ai senti comme une odeur de pomme de terre cuite à la vapeur, mais plutôt écoeurante. Une odeur un peu organique, chaude, pas horrible en soi mais vraiment étonnante. Alors, d’où provient cette odeur mystérieuse ?

« En fait, l’odeur vient des brasseries de la ville », éclaire mon ami Tao. C’est vrai que de temps en temps, autour de Strasbourg, on peut aussi sentir un truc similaire. A Edimbourg, ce parfum est devenu l’empreinte olfactive de la ville. Le percevoir au début peut étonner, et puis on s’y accommode, et enfin, c’est avec un plaisir confortable qu’on le retrouve.

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Fin de journée brumeuse à l’ombre du château…

 

B comme… Bobby 

C’était l’histoire marrante, que j’aurais pu lire dans un guide, mais que j’ai découvert par hasard lors de ma première visite à Edimbourg : celle de Bobby, le petit chien dont vous croiserez le profil dans plusieurs boutiques, en ville. Pour vous la faire courte, Bobby est un chien de flic du XIXe siècle qui tombe amoureux de son maître, Gray (non, sans shades ou rien du tout), qui finit par mourir. La légende dit ensuite que le chien se rendait sur la tombe de son défunt maître, tous les jours, jusqu’à la fin. N’est ce pas mignon ? La tombe, elle, est toujours là, au cimetière des Greyfriars, dont je vous recommande vivement la visite.

C comme… Cafés adorables

C’est vraiment mon faible : j’adore les petits cafés. Petits ou grands en fait, mais mon moment préféré d’une journée de visite est souvent celui où je pose mes fesses sur une terrasse, où je goûte un cheescake, où je me plonge dans un chocolat chaud. A Edimbourg, comme dans d’autres villes européennes (mais pas trop en France à mon goût) j’ai sincèrement l’impression que chaque établissement doit parfaire au maximum son style, sa déco, son concept, son authenticité, pour durer. Pas l’ombre d’un PMU plastifié par ici. Et c’est bien.
D’Edimbourg, cette fois-ci, je garderai en tête The Caffeine Drip, même si j’ai pas bien pigé le lien avec l’Afrique du Sud, le Crafters Barn où j’ai pris le premier verre et le dernier scone (c’est plus un resto, mais bon, il y a des canapés alors… ) le très boboisant mais associatif Forest Café où les prix très légers et les tables décorées d’étoiles pardonnent la tiédeur de mon chocolat, et puis The Esplanade, pile sur la plage de Portobello, où l’on a pris un petit-déjeuner à tomber dont je vous reparlerai.

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Petit goûter à The Caffeine Drip

 

D comme… Dean Village

Ce qui était, avant, un village bien distinct d’Edimbourg fait aujourd’hui entièrement partie de la ville. Au nord-ouest du centre-ville, en contrebas et près de la rivière, il comptait, à l’époque, de nombreux moulins. Aujourd’hui c’est un très joli quartier à visiter (je vous en reparlerai plus tard) dont j’adore les bâtisses de briques rouges. J’étais passée un peu par hasard la première fois, et là, j’ai pris le temps de visiter le coin avec un peu plus d’attention. J’aime beaucoup comment ces coins de la ville vraiment bien vieux sont préservés et en même temps complètement habités, pas du tout mis sous verre au nom de la protection du patrimoine.

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Qui pourrait résister ?

 

E comme… Eglises innombrables

Il y a celle qui a été transformée en salle de spectacle, celle qui est devenue un bar, ou une auberge de jeunesse, ou un restaurant… Les églises, à Edimbourg, redeviennent peu à peu des monuments civils. Il y en a tout simplement trop ! Plus assez de fidèles pour l’heure de la prière ? C’est pas grave, on fera dormir des voyageurs. J’aime bien cette simplicité et cette désacralisation, qui pourtant ne se fera jamais vraiment : ça sera toujours différent d’aller dans un café installé dans une ancienne église que dans un zinc classique, non ?

F comme…  Le Fife, tout autour.

Je n’en ai eu qu’un bref aperçu : la baie qui entoure Edimbourg est tout bonnement magnifique et donne grandement envie de l’explorer. Au loin, on aperçoit le comté de Fife – The Kingdom of Fife s’il vous plaît – qui regorge de petits mystères. Des petites îles, comme Inchcolm Island et son abbaye romantique…
J’avais déjà posé un pied dans le comté de Fife en visitant Saint-Andrews, et cela vaut le déplacement. En me baladant à Leith, j’ai pu avoir une vue sur la baie. Promis, la prochaine fois, je traverse…

G comme… Glasgow, l’autre.

« Vas-tu à Glasgow? » On m’a posé la question quelques fois. Et c’est vrai que j’aurais dû, pu aller à Glasgow. Déjà parce qu’en une heure de train ou de bus, on peut se rendre dans « l’autre » ville d’Ecosse. Aussi parce que c’est là bas que j’aurais pu faire escale, lors de mon premier voyage au Royaume-Uni : finalement, j’ai choisi Edimbourg uniquement parce que c’est de là que je pouvais prendre un avion de retour pour Lyon…

Et pourtant, les gens d’Edimbourg font un peu la moue quand on leur demande leur avis sur Glasgow. Ils évoquent l’accent « encore pire », le look industriel et moins bourgeois, bref, ils ne cachent pas leur préférence pour leur bonne vieille Auld Reekie. Qui va les blâmer ? Mais tout ceci aiguise ma curiosité et promis, la prochaine fois, je passerai par Glasgow pour me faire ma propre idée.

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C’est pas Glasgow, mais la jolie Circus Lane d’Edimbourg…

 

H comme… Haggis

Le haggis, plat phare de la gastronomie écossaise. Bon. J’ai la nette impression que les Ecossais adorent décrire avec peu de poésie la composition de ce plat : « oui, alors tu vois c’est une panse de mouton farcie... » alors qu’en fait, c’est plutôt sympatoche comme plat. Pas de quoi en faire tout un…
Du coup, cette fois-ci, je n’ai pas pris la peine de goûter un vrai beau haggis de restaurant. Mais j’ai essayé d’autres formes : le haggis sur la « hot potato », cette immense pomme de terre servie coupée en deux et farcie, ainsi que le haggis végétarien. Et pourquoi pas ?

K comme… Kilt

S’il ne fallait donner qu’une seul symbole écossais, ne serait-ce pas celui-ci ? Lors de ma première visite, je n’en avais que dans les boutiques touristiques d’Edimbourg et chez les joueurs de cornemuse. Là, miracle, un match de rugby des Six Nations se déroulait à Edimbourg lorsque j’étais là : du coup, plein de supporters ont sorti leur kilt, folklore oblige ! Tous différents, ornés, assortis : plissés derrière, ils sont tenus par une grosse ceinture et accompagnés d’une belle paire de chaussettes.

L comme… Leith

Encore un quartier qui m’a beaucoup plu ! Au nord-est du centre-ville, ce quartier était, comme Dean Village, une commune à part dans le passé. J’ai lu quelque part que, au XVIe siècle, l’armée française avait squatté là-bas quelques temps et que la pauvre Marie Stuart avait aussi débarqué là-bas en rentrant en Ecosse.
Leith, c’est le port, la mer, les canaux. Je vous reparlerai de la promenade – Water of Leith Walk – qui part de ce quartier. C’est aussi un quartier plus populaire, plus accessible, où l’on se sent rapidement un peu plus à sa place que dans les beaux quartiers du centre-ville.
Avez-vous lu ou vu Trainspotting ? C’est dans ce quartier que l’histoire se déroule (c’est mon prochain bouquin !) mais rassurez-vous, ce n’est pas nécessairement la même ambiance actuellement. Le quartier semble évoluer assez vite. Quand on longe la côte, on voit, au loin, des projets immobiliers qui poussent. C’est assez marquant puisqu’à Edimbourg, il n’y a quasiment pas de grands ensembles.

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M comme… Marcher

La marche sera assurément votre moyen de transport préféré pour visiter la ville. Et c’est marrant parce que tous les gens a qui j’ai posé des questions sur la logistique de la ville m’ont dit « mais t’inquiète, tu peux marcher ». Et c’est ce que j’ai fait ! Je confesse d’entrée de jeu qu’avoir mon téléphone et une connexion 3G m’a aidée à garder le fil, mais quand bien même, je ne me serais pas perdue pour autant puisque par définition, une ville est pleine de gens prêts à vous aider.

Un ticket « journée » de bus coûte 3,50 pounds, ce n’est pas excessif quand on voit qu’un même ticket coûte 5 euros à Grenoble (argh) mais malgré tout, je n’en ai pas eu besoin une seule fois. J’ai pris quelques bus mais globalement, j’ai fait tout ce qui était possible à pied. Ce qui permet de voir des petites scènes rigolotes, comme celle-ci…

La deuxième partie de l’abécédaire arrive bientôt, dès que je trouve des entrées pour les X, Y et autres Z !

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11 réponses

  1. argone
    | Répondre

    oui c’est tout à fait faisable à pied ! quand j’y étais on a même fait une bonne trotte entre Calton Hill et le quartier de Stockbridge …. (mais on était crevées après ! ;-)

    • Sarah Lachhab
      | Répondre

      Ce que j’aime bien quand on marche en ville c’est que souvent on se rend pas compte de la distance… Le samedi, on est partis de Leith jusqu’à Murrayfield par le chemin le long du canal, puis retour jusqu’à Princes Street = 15 kilomètres ! Si on m’avait dit ça avant jamais je l’aurais fait :)

  2. Hanar malovic
    | Répondre

    C’est marrant je n’avais jamais remarqué l’odeur particulière qui y règne avant que tu n’en parles   Pourtant j’y suis allée deux fois… La prochaine je ferais encore plus attention ^^ Concernant Glasgow, honnêtement je n’ai pas eu le coup de coeur… J’ai même très moyennement apprécié mais tu te feras ta propre opinion quand tu iras :D Dans les cafés, moi j’avais été au elephant house il est très agréable je te le recommande pour la prochaine fois ;)
    Très sympa ton petit article :)

  3. Cécile
    | Répondre

    Vive Edimbourg! Et Leith aussi était vraiment top. J’espère pouvoir y passer plus de temps la prochaine fois (1 jour…)! Très bel article, super photos! Merci :)

    • Sarah Lachhab
      | Répondre

      Merci Cécile :) Edimbourg est définitivement une ville où l’on revient…

  4. Gaelle
    | Répondre

    Ton abécédaire est une très jolie manière d’aborder cette ville.
    C’est marrant, je ne me rappelle pas avoir été interpellée par l’odeur, moi qui y suis habituellement très sensible… Je vais être obligée d’y retourner pour me rendre compte ;-)
    Lors de mon séjour, j’avais élu domicile à Leith, justement parce que c’est le quartier d’Irvine Welsh et Trainspotting. Je m’y étais tout de suite sentie comme chez moi !
    J’avais également tout fait à pied, sauf pour aller à Portobello. La marche est souvent -toujours ?- le meilleur moyen pour découvrir une ville, et surtout des endroits que l’on ne soupçonnerait même pas avec un autre moyen de transport.
    Désolée pour le pavé et j’attends la suite de ton abécédaire avec impatience maintenant !

    • Sarah Lachhab
      | Répondre

      Merci Gaëlle ça fait chaud au coeur :) Je suis ravie de voir que tant de lecteurs connaissent cette ville !

  5. Lucie
    | Répondre

    Toi, je sens que tu vas venir nous rejoindre au Royaume Uni pour de bon un de ces jours :) Sinon, c’est une jolie manière de présenter Edimbourg ton abécédaire!

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