(Notre) Birmanie pratique

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Pêcheur à Mandalay
Pêcheur à Amarapura

On sait pas vraiment pourquoi, mais les deux semaines en Birmanie, on les attendait impatiemment. Ca sonnait mystérieux. Ces courts quinze jours vécus à l’heure birmane sont passés à mille à l’heure, et on voulait commencer notre petite série d’articles par l’approche pratique, parce qu’on sait – pour avoir glané plein d’infos sur les blogs – que tout, en Birmanie, change très vite. Alors voilà notre bilan, qui apportera un angle supplémentaire aux nombreux autres témoignages publiés en ligne. Chez les Bicnic ou les GlobeCroqueurs par exemple ! 

Arriver en Birmanie

Après avoir obtenu notre visa à Bangkok, nous avons pris un vol pour Yangon avec Air Asia. A l’arrivée, l’immigration s’est bien passée et nous avons, sur les conseils d’Hélène, changé directement des dollars en kyats au bureau de change de l’aéroport. N’écoutez pas votre guide s’il vous dit de préferer le marché noir : c’est à l’aéroport et dans les banques que nous avons trouvé les meilleurs taux de changes ! Actuellement, entre 900 et 940 pour un dollar américain. Méfiez-vous des taux mirobolants que l’on vous propose dans la rue : on a entendu plein d’histoires d’arnaques pas drôles.
Préparez-vous à être déçus par les hôtels : ils sont tous plutôt chers et plutôt pas super. A Mawlamyine, on nous a proposé une véritable cellule de prison (avec un soupirail, des barreaux, la totale) doté de deux micro-lits et d’une chaise en bois pour 14 dollars. N’importe quoi. A Pyin Oo Lwin, nous avions un peu mieux pour 10 dollars, mais à Yangon, tout tournait autour de 20 dollars. Nous avions uniquement réservé notre première nuit à Yangon, pour être sûrs. Par la suite, il a été très simple de trouver où dormir, et même un hôtel retransmettant la finale de la Ligue des Champions, c’est dire. Cela dit, je pense que le parc hôtelier va vite s’agrandir et s’améliorer.

Notre chambre à Mawlamyine, façon "comte de Montecristo".
Notre chambre à Mawlamyine, façon « comte de Montecristo ».

Les délires des dollars

Oui, c’est le mythe urbain birman : le dollar est beaucoup utilisé, surtout dans les transactions avec les touristes, mais on exige de vous des billets bien beaux, pas tachés, pas pliés. Nous avons été à la « Bangkok Bank », sur Silom, pour avoir un bon taux et, de surcroît, des billets juste sortis de l’oeuf. En Birmanie, la première réceptionniste nous a fait le coup de « ah non, ce billet, il a une tache ». Mais sinon, les gens n’étaient pas tant regardants que ça. Mais si vous avez envie de froisser des billets, lâchez-vous sur les kyats : tant que le papier tient en un morceau et qu’on peut lire le chiffre, ça tourne ! ilenfautpeu

Notre budget birman

Même si l’hébergement était bien plus cher que dans les autres pays d’Asie que nous avons visités, nous avons réussi à être sous notre budget de 1000 euros par mois à deux.
Très exactement, nous avons dépensé 550 dollars, soit 424 euros, en 15 jours.
Nous avons converti 200 dollars en kyats, le reste ayant du coup été dépensé pour l’hébergement, quelques visites et certains transports.
La nourriture est clairement le poste de dépenses où il est possible de faire de bonnes économies : dans les petits bouis-bouis, l’assiette de riz frit avec des légumes (et plein d’huile) vaut environ 1000 kyats, soit un euro.
Et même si l’eau purifiée disponible en bidons dans plein de lieux publics est gratuite, on a quand même acheté une quantité dingue de bouteilles d’un litre, entre 200 et 300 kyats. Ca fait un petit budget, attends !

Les transports

En arrivant en Birmanie, on voulait faire un parcours un peu différent : remonter la côte ouest en partant de Yangon, puis rejoindre Pyay et Bagan. Mais pour cause de cyclone et de transports compliqués, on a emprunté les routes plus classiques. Première étape rigolote : le train. Pour 200 kilomètres, comptez environ 10 heures de petite trotte à travers la campagne. Nous avons adoré cette partie du voyage, parce que les paysages étaient géniaux et qu’il se passe toujours un truc dans les trains birmans : des souris passent, des paniers de gourmandises défilent…

traintrainNous avons aussi fait du bus de nuit, passage quasi-obligé. De Yangon à Bagan, nous avons roulé une dizaine d’heures. Pas de bol : nous étions juste sous la télé qui crachait des clips et des séries au goût douteux. Laissés dans un coin sombre de Nyang U à 4h du matin, on était un peu déboussolés. Alors là, warning : n’écoutez pas les divers chauffeurs de trishaw ou de tuk-tuk qui vont vous dire « oh là mais on est loin, très loin de la ville » et qui vont vous demander des prix fous. Un mec m’a assuré mordicus qu’on était à 8km du centre-ville. En réalité : 100 mètres à peine. Ca vaut le coup d’attendre un petit moment que la lumière monte et d’utiliser ses deux petits pieds. Notez qu’il est possible – surtout en basse saison – de négocier avec les guesthouses pour ne pas payer la demi-nuit qu’il vous reste à faire et de faire simplement un « check-in » très très tôt. Pratique !

calechepyinoolwin
Tu veux faire un tour de calèche ?

Sinon, nous avons bien aimé les bus urbains de Yangon, où « l’animateur du bus » beugle la direction et les principaux arrêts quand le bus freine, à toi de voir si tu oses sauter dedans… Les pick-ups sont aussi un bon moyen de voyager de ville en ville, tant que ce n’est pas trop long : c’est pas cher, sympa, tu peux voyager aussi bien avec des sacs de graines, des animaux, des légumes ou des enfants curieux.

Le bus à Yangon... La classe totale !
Le bus à Yangon… La classe totale !

L’ambiance

Après le passage en Thaïlande, nous étions ravis de nous retrouver dans une ambiance si cool. Tu as faim ? Tu sors, tu t’assois à un petit resto de rue si on ne t’a pas invité à le faire plus tôt sur le chemin. Tu es perdu ? Le premier passant sera ravi de te donner le meilleur raccourci pour atteindre ce que tu cherches. Tu es bouddhiste, musulman, chrétien, hindou ? Tu le montres, tu le montres pas, tout le monde s’en fout. Dans les grandes villes, du moins. Bref, on se la joue à la cool. En buvant des coups dehors ou en attendant que le riz soit frit, il est normal de voir des gens s’arrêter et commencer à discuter. Rien à vendre, rien à proposer. Juste parler. Et c’est bien.

les3copainsParler politique, c’est plus difficile. Nous n’avons pas nécessairement cherché à le faire. Mais au moins deux personnes ont pris les devants en disant d’entrée de jeu : « bon, la politique, on ne s’intéresse pas trop ». Nous avons plus senti l’impact de la junte au pouvoir sur les prix et commissions allant directement au gouvernement que dans ce que racontaient les gens.

Si vous avez la moindre question, n’hésitez pas, on répond aux commentaires dès que l’on peut… Et pour les jours à venir, on vous concocte un beau diaporama, une vidéo rock-roll et un petit focus sur la bourgade de Pwin Oo Lwin où nous avons passé deux jours parfaits.

5 réponses

  1. Julie
    | Répondre

    Super intéressant ! Merci beaucoup ;) Bonnes prochaines aventures !

  2. […] On sait pas vraiment pourquoi, mais les deux semaines en Birmanie, on les attendait impatiemment. Ca sonnait mystérieux. Ces courts quinze jours vécus à l'heure birmane sont passés à mille à l'heur…  […]

  3. […] on a essayé de bien travailler, on vous avait déjà donné nos petits conseils pratiques et nos dix coups de coeur birmans. Si vous avez des questions, surtout, n’hésitez pas […]

  4. La Luciole
    | Répondre

    Elle est belle la photo de toi à la fenêtre du train Sarah !!! :)

  5. […] le tourisme augmente fortement, alors que les infrastructures touristiques ne se développent pas. Traduction : parfois, c’est le bordel. Cela se manifeste principalement dans les hôtels (les prix flambent) et dans le manque de […]

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