Rio : Comment on est arrivés jusqu’au stade Maracana…

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Jusque là, Manu n’était pas capable de prononcer le mot « Brésil » sans en aligner un autre peu après : « foot ». Il fallait, d’une manière ou d’une autre, quitter l’Amérique du Sud en ayant vu un match brésilien. Ce moment est arrivé jeudi soir, à Rio, au stade Maracana qui accueillera plusieurs rencontres de Coupe du Monde l’été prochain, dont la grande finale. Et tout ça, c’était après une formidable journée à Rio. On vous raconte et on vous donne les détails pour vous rendre au stade, c’est tellement facile que ça serait dommage d’y échapper !

Aller voir un match au Maracana, tout seul comme un grand

Rio. Après des premiers instants un peu maussades à Rio, Manu regarde le planning des matchs de la semaine. Surprise : nous pouvons choisir entre deux tableaux : Flamengo / Botafogo le premier soir, mais gros derby qui se joue tard, à ce moment là on était moyen chauds pour aller se frotter aux supporters les plus enflammés de la ville. Ou alors, Vasco / Goias, en quart de finale de la Coupe du Brésil. « Vasco, c’est le club de Juninho! » Comme moi, vous vous demandez peut-être qui est ce monsieur, Manu vous répondra en sautillant que « c’était le meilleur joueur de Lyon, m’enfin ». Ah. Coup de chance : le joueur, suspendu pour quelques impolitesses dans un autre championnat pourrait néanmoins jouer ce soir-là. En se renseignant dans notre auberge, on apprend que l’on peut « booker » une soirée foot : 100 reals (33 euros) pour l’entrée au stade et l’aller-retour en navette. On fronce un peu du nez parce qu’on est déjà au courant des prix des billets : 10 reals dans les virages, 30-40 (10 euros pour la zone qu’on a choisie) sur les versants est et ouest. Et c’est pas les 6 reals de métro qui vont alourdir le budget. On décide donc d’aller, dès le matin suivant, en quête de billets pour le match. Le soir-même, on réalisera que pour cette rencontre-là (qui n’était pas un gros derby) on aurait tout aussi bien pu prendre les billets en arrivant. Mais les voyageurs inquiets et angoissés que nous sommes ont décidé de faire un passage par le stade dès le matin, pour voir un peu de quoi il en retournait. Vasco est l’une des quatre grandes équipes de Rio. En mauvaise passe cette saison, elle rencontrait ce soir-là Goias Esporte Clube (du coin de Brasilia) une équipe qui avait gagné 2-1 au match aller. Voilà pour le tableau. Manu m’explique donc que Vasco doit gagner avec un peu d’avance pour se qualifier au tour suivant. Je vous casse le suspense : ils s’en sortiront à 3 – 2, mais ça n’a pas suffit.

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Première bonne surprise : le métro est hyper bien connecté au stade. Même pas besoin de traverser la route (oui, je sais, c’est comme à Grenoble. La bouche de métro donne sur une immense passerelle qui vous guide jusqu’à l’entrée principale du stade. De là, je lâche un « bah, il a pas l’air si grand : le stade des Alpes à l’air plus haut… » Ô, méprise ! Ce stade pas si haut mais très étalé peut accueillir 90 000 spectateurs. Et si j’en crois Wikipédia, en 1950, lors de sa construction, ils pouvait en accueillir 250 000… debout. La folie. Fun fact numéro 2, le nom officiel du stade est celui d’un journaliste : Mário Rodrigues Filho.

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Du centre-ville de Rio, il faut compter un quart d’heure de métro pour atteindre le stade. Il faut aussi garder en tête que le métro cesse à minuit, mais qu’il est toujours possible – mais plus cher – de rentrer en taxi. Notre petite feinte, d’ailleurs : acheter d’emblée quatre cartes unitaires, afin de ne pas perdre du temps dans la marée humaine au retour. Nous arrivons au stade une heure avant, ce qui nous laisse la chance d’admirer le stade alors vide. C’est vrai qu’on ne s’y sent pas seuls. On est sur la façade est, et petit à petit, autour de nous, des maillots noirs et blancs nous entourent. Les percus commencent à mettre l’ambiance, et quand, avant le début du match, un trombinoscope des joueurs titulaires défile, c’est la foire : certains sont poliment applaudis, d’autres accueillis avec des effusions de joie (dont l’ami Juninho) et quelques-uns sont sifflés. Bon. Un sort que connaîtront beaucoup de joueurs de l’équipe adverse, sauf un, probablement un ancien de Vasco.

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Dès que le ballon file, c’est l’effusion. On n’est pas dans le kop mais c’est tout comme. Autour de nous, ça crie, ça piétine, ça chante, ça se lève d’un coup, ça montre à qui faire la passe, ça beugle contre l’arbitre et ça se marre bien fort. Génial, quoi. Et il faut dire que le spectacle a eu lieu : 3 buts dans les 20 premières minutes, on n’en demandait pas tant. Autour de nous, c’est l’hystérie : virtuellement, Vasco a été qualifié pendant un temps et même après avoir été rattrapés, les supporters y croyaient dur comme fer.

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Avant le match, les visites

Bref. La soirée est passée très vite et est venue clore une journée riche en visites urbaines comme on n’en avait pas eu depuis longtemps. Après avoir pris les billets pour la soirée, on reprend le métro jusqu’à la célèbre plage de Copacabana : oui, il fallait y passer ! C’est très joli, très joyeux. On y resterait bien pour glander mais la route continue pour nous vers le Corcovado, vous savez, le grand Christ que vous allez voir tous les jours à la télé l’été prochain. Pour y accéder, il y a un petit train. L’entrée et le transport coûtent, de mémoire, 46 reals. C’est un peu notre investissement « visites ».

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La vue, de tout là-haut, est magnifique, surtout que le temps est superbe. Le Christ en lui-même, finalement, ne présente que peu d’intérêt. Puisque c’est l’une des « attractions phares » de la ville, toute l’Europe est naturellement au sommet, et il y a toujours quinze personnes pour se faire photographier les bras en croix tout près de leur copain Jésus. Drôle d’effet, quand ils le font tous en même temps…

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Si vous venez pour marcher, passez votre chemin : tout est fait, on dirait, pour que vous ayez le moins de pas à faire par vous-même… Escalators, ascenseurs… Bon, on a vu un mec faire toute la montée en courant, sur le macadam. Courageux. Après cette prise de hauteur, on finit par trouver un bus qui nous ramène dans le quartier de notre auberge et nous fait traverser plein de quartiers très jolis. Le bus de ville, c’est quand même un moyen génial pour tout voir pour pas grand chose. On est collants comme des limaces, c’est l’heure de la douche avant de filer au stade…

L’expo Kusama, à visiter avant le 26 janvier

Si, comme moi, vous aimez les expos surprenantes et gratuite, celle de Yayoi Kusama. Cent oeuvres très variées de cette plasticienne japonaise sont exposées au centre culturel de la Banco du Brasil, dans le centre-ville. Des années 50 à aujourd’hui, cette femme extraordinaire n’a cessé de peindre, de tenter, de mettre en scène. Sur les deux étages du centre culturel, c’est un plaisir de découvrir son boulot. Des croquis, des toiles, et des « espaces », comme celui-ci, où le visiteur est plongé dans une forêt de petites lumières, reflétées à l’infini dans les miroirs qui tapissent la pièce. Coup de foudre !

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Les prochains jours, on vous reparlera de nos échauffourées avec notre assurance voyage, qui devrait se finir avec des bonnes nouvelles. Et on vous ramènera des petites histoires et des bons conseils des chutes d’Iguazu, que nous allons visiter demain ! Ah, on me dit dans l’oreillette que très bientôt, aussi, on essaye de mettre en ligne une petite vidéo sur le festival Los’Chutillos en Bolivie et sur notre balade brésilienne…

2 réponses

  1. Meltour Voyage Brésil
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    Comme je comprends Manu ! Être au Brésil sans passer par la case football et son temple sacré, le Maracana, c’est péché ! Votre article est un amour d’introspection à Rio, bravo !

  2. Adeline
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    C’est bête, nous n’avons pas eu autant de chance que vous sur le Corcovado à cause de ces maudits nuages. Pour la petite histoire, nous avons réalisé un voyage d’études au Brésil en 2006, mais nous n’avons jamais pu voir de visu le visage du Christ. Eh oui, les nuages étaient au rendez-vous. Bref, on se contentera de le voir en photo. Sinon, un autre voyage au Brésil s’impose.

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