Royaume-Uni : deux semaines de liberté ferroviaire en InterRail

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La gare de Liège, ouverte aux quatre vents

Avant de continuer à écrire sur la découverte des villes où j’ai passé du temps en Angleterre et en Ecosse, j’ai envie de dresser un petit bilan sur le voyage en train au Royaume-Uni. Un très bon moyen de visiter le pays, puisque les distances sont globalement courtes, même si j’ai parfois eu envie d’avoir plus d’autonomie. Après avoir gagné un pass InterRail valable un mois avant la fin de l’année 2014, j’ai décidé de partir seule de Genève et d’aller jusqu’en Ecosse. En même temps, Violaine, du blog Vio’Vadrouille, a utilisé un pass identique pour aller de Berlin à Istanbul, une expérience entièrement différente. Nous avons décidé de décrire notre aventure en simultané sur Twitter, avec le hashtag #GirlsOnRails, quand on le pouvait. De mon côté, les distances étaient assez courtes. Même si j’allais parcourir quelques 2000 kilomètres en train, mon plus long trajet a duré 4 heures et je n’ai pris que des trains sans réservation.

Un départ en douceur 

J’ai commencé à utiliser mon pass InterRail en Suisse, mais c’est véritablement au départ de Liège, en Belgique, que j’ai vraiment mis les voiles. Après avoir visité cette douce et mystérieuse ville, j’ai découvert la gare Guillemins, entièrement ouverte et transparente. On y découvre un joli panorama sur la ville, je trouve que c’est vraiment très réussi. Quand mes hôtes m’y déposent, je prends le temps de faire quelques clichés avant de descendre sur le quai. Il y a un train pour Bruxelles qui part dans quelques minutes, mais je m’accorde ce moment. C’est ça, aussi, le voyage avec un pass InterRail : si ce n’est pas ce train-là, ça sera le prochain. Sans me presser, j’arrive d’ailleurs à prendre le train prévu. Une minute dure toujours une minute, on l’oublie facilement quand on a un train précis à prendre.

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A York, je prends le train vers le Nord, vers l’Ecosse.

Dans ce premier train, j’appréhende le contrôle du billet. Je me dis que l’agent va me prendre pour une ahurie, j’ai sans doute fait une erreur quelque part, mais non, tout baigne, je montre mon passeport pour prouver que je ne suis pas Belge (car on ne peut pas utiliser le pass dans son pays de résidence), c’est d’ailleurs la seule fois que j’aurais à le faire. De Bruxelles, je prends l’Eurostar pour Londres : ce train-là n’est pas inclus dans le billet InterRail, attention ! Cependant, avoir un billet de ce type permet d’avoir des réductions pour l’Eurostar, genre 80 euros le Bruxelles-Londres, je crois. Comme j’ai pris mon billet en avance, je l’ai payé 50 euros, ce qui reste plus intéressant. Je me réjouissais beaucoup pour ce train, car je me souviens du moment où, petite, j’ai appris l’existence de ce train révolutionnaire qui roule sous la mer, depuis 1994. Mais c’est finalement assez décevant, surtout de nuit. Rien à voir, rien à faire, les voitures sont vieilles, élimées, un peu crade… La Sarah des années 90 imaginait plutôt un train plongeant progressivement sous l’eau, dans un tunnel en verre, où les poissons viennent faire coucou à la fenêtre. Voilà voilà.

Les trains au Royaume-Uni, plutôt pas mal, non ? 

J’ai réalisé, en partant en voyage au Royaume-Uni, que le réseau ferré britannique a plutôt mauvaise presse. Oui, il a été privatisé dans les années 90, oui, il y a eu des accidents, oui, j’imagine que c’est compliqué quand plusieurs sociétés se partagent le gâteau, et que c’est pas toujours à l’avantage du consommateur, oui, c’est cher quand on s’y prend à la dernière minute, tout ça. Mais franchement, j’ai été très agréablement surprise, en deux semaines sur le sol britannique, du fonctionnement des trains. En tout cas, je n’ai pas réussi à dire une seule fois « c’est mieux en France », honnêtement. Je n’ai eu aucun retard, aucun couac, ce qui peut être mis sur le compte de la chance. Tous les agents rencontrés étaient très agréables, l’un d’eux m’a même proposé de m’assoir en première classe. Il y a du wifi gratuit dans tous les wagons, et celui-ci fonctionne plutôt bien. Seules les premières classes disposent d’une prise par siège, mais bon, c’est déjà bien.

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Oui, j’ai osé commettre un petit selfie ferroviaire !

Côté prix, je n’ai pas pu faire d’évaluation puisque j’avais un pass InterRail. Mais je crois que les prix bougent très vite, ce qui veut dire qu’on peut s’en sortir si on réserve bien en avance. Ma copine Laura, qui a voyagé avec moi en Ecosse, avait repéré un billet Inverness – Edimbourg (3h30 de trajet) pour 7 pounds (une dizaine d’euros). Mais elle ne l’a pas pris tout de suite, et finalement, la veille, le billet était passé à 40 pounds, ce qui est plus lourd à digérer. Mais quand je jette un oeil maintenant, je vois qu’on peut avoir un Londres – Manchester pour une douzaine de pounds, ce qui est un prix très intéressant. Par ailleurs, j’ai rencontré à Oxford une fille qui devait faire Londres – Inverness. Un dimanche, un tel billet de train peut coûter 300 pounds (près de 400 euros) pour 8h de trajet. J’ai vérifié, en le prenant en avance, un tel billet coûte 100 pounds au moins cher, mais sans carte de réduction. Pas prohibitif si on compare aux coûts pratiqués par la SNCF. Conclusion : comme partout, si on s’y  prend tard, c’est cher, sinon, on peut s’en sortir. N’hésitez pas à raconter votre expérience du train au Royaume-Uni, j’essaye de piger pourquoi j’ai entendu tellement souvent que ce n’est pas pratique de prendre le train ici…

Le pass InterRail, la liberté et la flexibilité 

En quittant Londres, je savais juste que j’allais prendre le train jusqu’à Oxford, un tout petit trajet d’une grosse heure. Et puis j’ai vu que le train que je prévoyais de prendre s’arrêtait à Reading, et j’avais déjà entendu de cette petite ville sans trop me rappeler pourquoi. Du coup, j’y suis descendue, un peu sur un coup de tête, et en sachant que plusieurs trains s’arrêtent ici dans la journée. Voyager en train en se permettant de descendre n’importe où, c’est quand même génial, non ?

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La première classe en Angleterre. Ca blague pas, hein…

 

Chaque voyage en train, pour moi, est aussi synonyme de confort. On enlève les chaussures, on a de la place pour les jambes, on est bercés et on peut profiter de paysages délicieux. Mon pass InterRail, comble du luxe, me permettait de voyager en première classe. Je l’ai fait, pour essayer, et aussi pour profiter de ces moments pour brancher mon téléphone. Dans les dortoirs, les prises sont souvent des denrées rares… La première fois, un monsieur poussant un chariot de boissons et de choses à grignoter m’a demandé si je voulais un truc. Je décline poliment, puis il me dit : « mais c’est gratuit, vous savez… ». Surprenant, je ne crois pas que cela se fasse en France…

Côté tarifs, le pass qui aurait le mieux convenu à mon itinéraire en Grande-Bretagne aurait été le pass global qui permet de voyager 10 jours sur 22 jours, à 270 euros, parce que j’ai moins de 25 ans, 400 euros pour les autres. En ne voyageant qu’en Grande-Bretagne, j’aurais pu prendre un pass à 200 euros.
J’ai du mal à savoir si c’est un budget transport acceptable pour 2 semaines de voyage, mais ça me semble pas mal considérant que l’on est dans un pays riche et que si j’avais dû faire six villes en France, en train, en deux semaines, j’aurais payé bien plus (et encore, je parle en ayant une précieuse carte 12-25, hein). Bon, le pass que j’ai gagné était légèrement trop large : un mois de voyages illimités à travers toute l’Europe, ça vaut 668 euros quand on a plus de 25 ans (440 pour le tarif réduit) et si on veut être en première classe ça dépasse les mille euros. Mais si on voyage un mois, dans toute l’Europe, ça me semble être une bonne option. Comme toujours, il faut prendre un cas précis et faire des simulations…

Mon empire contre un trajet en train 

Pour résumer, j’ai adoré cette sensation de liberté qui monte quand on grimpe dans un train parce qu’on l’a décidé il y a deux heures ou un instant. On ne cherche pas une place numérotée, on s’assoit et on file. Pas de réservation rime avec pas de stress. A titre personnel, le train est vraiment un moyen parfait de voyager. Ca ne conviendra sans doute pas à tout le monde, mais pour mon rythme et mes envies, c’était parfait. Je me sentais bien dans les trains, le temps passe trop vite, les gares sont trop proches et je ne m’ennuie jamais… Enfin, je confesse que pour mon dernier trajet, de nuit, avec dix mille petites gares écossaises entre Inverness et Edimbourg, j’avais vraiment envie d’en voir le bout. Mais globalement, qu’est ce qu’on est bien quand on est avachi contre une fenêtre et que tout défile… J’aime bien les coins ruraux, alors peut-être que ma limite serait qu’on ne peut pas aller assez « profond » dans la campagne en train, parfois, j’aurais aimé être à vélo ou en voiture, mais c’est encore un truc différent, hein…

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Pluie qui ruisselle sur la fenêtre du train, alors qu’on quitte Edimbourg pour des cieux plus… secs.

11 réponses

  1. LaurenceV
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    Chouette article sur le voyage en train… Lors de notre errance ferroviaire au Royaume-Uni nous n’avions pas pris de pass InterRail et comme nous ne prévoyons rien à l’avance et qu’on se laisse porter par nos envies, nous l’avons amèrement regretté. Les trains pris à la dernière minute coûtent très chers en Angleterre. Sinon, il est vrai qu’il est très agréable de voyager en train.

    • Sarah Lachhab
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      Bonjour Laurence, je suis ravie de lire ton témoignage !
      En effet, j’ai l’impression que les prix des billets au dernier moment peuvent devenir vraiment dingues… Est-ce plus cher qu’en France, à ton avis ?

  2. […] beaucoup aimé cela lors de notre tour du monde et c’est à nouveau un bon choix pour visiter le Royaume-Uni en train. En préparant ma visite d’Edimbourg, je suis tombée sur le site du Baxter Hostel. Dans […]

  3. EL LOUZI MOHAMMED
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    Salut, j’ai bien aimé le récit de vos aventures, mais j’aurais bien voulu savoir un peu plus sur la vie en Grande Bretagne. Étant un amoureux de voyages, j’attends vos prochains articles sur d’autres pays. Bonne continuation et bon vent surtout.

    • Sarah Lachhab
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      Bonjour Mohammed ! Merci pour ce gentil commentaire ! J’ai d’autres articles sur le feu, notamment un présentant plusieurs personnes rencontrées en chemin !

  4. Tao
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    J’ai en effet pas mal utilisé le train au Royaume-Uni, et toujours été très content. Ca a jamais été le transport le moins cher par contre en effet, mais un train de nuit Caledonian Sleeper, où t’as une cabine pour deux plutôt confort après avoir campé pendant 10 jours ça vaut le coup :D

    Venant de Lille ai beaucoup utilisé évidemment l’Eurostar qui en effet en avance est plutôt abordable, on peux s’en tirer pour 70€ Aller retour très souvent. Et puis j’ai la chance d’avoir hum un oncle hum qui nous hum surclassait à l’aller quand il y avait de la place donc à nous le repas gratuit et le vin en première :) J’ai juste jamais compris pourquoi le prix de l’eurostar était le même que tu t’arrêtes à Lille ou à Paris (ou bruxelles).

    Mon premier long train au Royaume-Uni c’était Londres-Penzance de nuit. Direction les Cornouailles. Pas de cabine, c’était moins cher en siege normal. L’intérêt par contre c’était qu’ils étaient très larges et confortables donc franchement très bien pour dormir. On entendait juste des BOOM très régulièrement. Et un monsieur du personnel est passé pour nous dire, désolé y a beaucoup d’objets sur la voie. Quelque part c’était rassurant, c’est pas le train qui est trop vieux pour supporter un dernier voyage. Mais c’était aussi un peu … Quels objets ?!?

    Autre très bon souvenir en train en Ecosse : le Jacobite !!
    Train à vapeur d’époque, le même que Harry Potter. A l’intérieur attention, c’est un train normal, mais à l’extérieur c’est le même. Lorsqu’il est à l’arrêt, le chauffeur laisse aussi très facilement aller visiter la locomotive. Magnifique. Le décor est évidemment magnifique on remonte de Fort Williams à Mallaig. Et il y a UNE cabine à l’ancienne, comme Harry Potter, que chacun va évidemment voir au début parce que bon.

    • Sarah Lachhab
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      Tao, l’analyste transport au Royaume-Uni ! Merci pour toutes ces précisions et ces histoire. Sérieux la locomotive du Jacobite fait trop rêver ! A la prochaine !

  5. Grain de blé
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    je peux te confirmer que les prix de trains peuvent varier comme des fous selon les dates, les heures et l’avance pour le prendre : un Manchester Sheffield peut ainsi passer de 3 à 20 euros …
    Tu as aussi pu voyager en évitant les embouteillages anglais et ça ça n’a pas de prix ! il y a des moments où faire le tour de Londres par la M25 (grosse ceinture) peut se révéler une sacré galère et par exemple pour monter au Nord de l’Angleterre ton temps peut vite tripler selon si il y a ou non de la circulation … Par contre je peux aussi dire qu’avoir une voiture permet de très jolies balades dans les petits coins bien sympas sans soucis d’horaires ou de réservations :)
    Merci d’avoir partagé ta balade avec nous :)

    • Sarah Lachhab
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      C’est intéressant ! Mais effectivement, j’ai envie de tenter le coup de louer une voiture pour vraiment avoir une mobilité totale… Pour la prochaine fois ! Merci beaucoup pour ton commentaire en tout cas !

      • Grain de Blé
        | Répondre

        et si tu loues une voiture un conseil : ne fais pas comme moi : prend une automatique > conduire à gauche je sais le faire avec ma voiture ou une « inversée à l’anglaise », le coup du volant à droite c’est facile gérer aussi… mais le levier de vitesses à ma main gauche j’ai trouvé ça galère de chez galère ! :)

        • Sarah Lachhab
          | Répondre

          Tu as raison ! J’ai déjà conduit à gauche, j’ai réussi à m’habituer, en Australie… Mais heureusement, la voiture était automatique !

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