Souvenirs de l’été indien : de New Delhi à Pondicherry

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Nous n’avions pas encore de blog en 2011. Et c’est pour ça que c’est compliqué de partager les aventures d’avant Longs Courriers. Comme l’Inde est un pays qui a pour vocation de fasciner tous les voyageurs, c’est sans doute intéressant de rappeler quelques souvenirs de l’été 2011. Manu, à l’époque, était parti un mois seul à la découverte du sous-continent. Et était revenu avec 4 kilos en moins. A lui la narration…

Avant de partir, les guides de voyage te somment de faire un choix. L’Inde du Nord (les montagnes, le Rajasthan, les temples). Ou L’Inde du Sud (les bords de mer, le Kerala, les temples…). Difficile choix, quand tu ne connais pas. J’ai choisi de ne pas choisir en terme de séparation géographique, mais comme on le fait toujours, en terme de parcours. Je suis donc descendu de New Delhi à Pondicherry. D’une part pour placer sur ma route quelques highlights (Agra, Varanasi). D’autre part pour ne pas faire comme les rabatteurs me disaient. Arrivé à New Delhi, on m’a vite tenu la main pour m’inscrire dans des voyages tout compris et au pas de course pour le Rajasthan. Pas pour moi. Je suis donc parti doucement dans l’autre sens, vers Calcutta. En Inde, de toute façon, toutes les routes mènent vers des bonnes surprises et des belles choses à raconter. Que je vais synthétiser en quelques petits points.

  • Les villes

Le parcours a été le suivant : New Delhi, Agra, Varanasi, Calcutta, Chennai (Madras), Pondicherry, Auroville, Mamallapuram.
En Inde, j’ai aimé une ville sur deux. J’ai remarqué que c’était une question de feeling et que l’amour ou le désamour étaient quasi immédiats en arrivant. Avec New Delhi et Chennai (Madras), par exemple, ça ne s’est pas bien passé. Trop grandes, trop hub de transports grandes lignes, trop peu organisées pour une visite à pied. Je n’y suis pas resté. A Agra, on m’expliquait qu’il n’y avait pas grand chose à voir autre que le Taj Mahal et le fort. C’est sans doute vrai. Mais j’ai apprécié cette ville à deux niveaux (humains en bas, singes en haut) et la fascination qu’exerce le temple des kilomètres à la ronde. J’ai adoré, en revanche, le mélange de cultures post-coloniales qui a dessiné des villes comme Calcutta (so british) et Pondicherry (so french). Et comment les Indiens se sont peu à peu appropriés ces bastions de la domination étrangère. Calcutta, gigantesque, a tout ce qu’il faut pour marquer les esprits (des jolies avenues au grand pont). Pondicherry, avec ses allées pavées et ses lignes d’arbres, offre un vrai repos au terme d’un mois de voyage dans la crasse…

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  • Les transports

Il faut s’y faire, l’Inde, c’est grand. C’est très (trop) peuplé. Et, pour voyager d’un endroit à l’autre, vous prenez le train. Problème : les trains, en Inde, sont excellents et bon marché. Et oui, vous avez bien lu, c’est un problème. Car quand on offre un bon niveau de service à bas prix, forcément, c’est surchargé. Alors je m’attendais, en arrivant en Inde, à affronter un certain nombre de casse-têtes logistiques. En vérité, ça allait. Mais la gestion du train, alors, a provoqué quelques coulées de sueurs froides, malgré les 45 degrés ambiants.
Un train longue distance, en Inde, se réserve au moins 5 jours à l’avance. Si vous ne le faites pas, vous devez faire autrement. Cela m’est arrivé à New Delhi (j’ai dû rejoindre Agra en voiture). Cela m’est arrivé à Varanasi (j’ai attendu 7 jours avant de pouvoir repartir). J’avais anticipé la suite…
Le train, au-delà des soucis de réservation, est un vrai bonheur en Inde pour ceux qui aiment voyager comme ça. Organisés en trois ou quatre classes (1A, 2A, 3A, populaire), ils desservent tout le pays à un rythme lent parfait pour la contemplation. Je garde en mémoire un excellent souvenir du Coromandel Express, de Calcutta à Pondicherry. Trente heures le long de la mer…
En Inde, on prend aussi le train pour l’ambiance dans les gares. Les retards, dans un pays grand comme celui-là, sont culturels : les familles apportent de grandes couvertures qu’elles déploient sur le quai pour dormi, manger, attendre…
Le bus, pour sa part, est comme tous les bus asiatiques. Il faut prévoir des boules quies et aimer les clips kitsch. Les rickshaws, tuks-tuks et autres vélo-taxis ont constamment cherché à m’arnaquer, surtout à New Delhi, mais on suppose que ça fait partie du jeu. En Inde, on se laisse porter…
Exemple avec un chauffeur de tuk-tuk à Agra qui venait me poser à la guest house :
Lui : Je passe te prendre cet après-midi pour aller visiter les artisans locaux.
Moi, sentant le piège à touristes : non
Lui : si, je serai là à 16 heures.
Moi : non, et puis tu fais ça pour avoir une commission.
Lui : Oui C’est comme ça que ça marche !
Moi : Bon, ben ok.
Et au final, une jeune indienne m’a fait un cours de psychologie pendant une heure dans l’arrière boutique d’un tailleur de pierres…

  • Les gens

Les Indiens… Avec Sarah, on se faisait la remarque en Chine. A ce niveau-là (le milliard de gens), toutes les généralités que l’on peut tirer sont vraies, et leur contraire aussi. J’ai donc rencontré des tas d’Indiens. Des adorables et des crétins, des gens plus intelligents que moi, des gens plus riches que moi, des gens qui vivent heureux avec rien du tout. Je serai honnête en disant que le système de castes ne m’a pas sauté aux yeux. J’ai toutefois eu la chance de discuter longuement avec un jeune intouchable qui m’a raconté des choses étonnantes à propos de ça. Et comment il s’était fait frapper par des étudiants, qui n’avaient pas apprécié sa curiosité pour les langues étrangères qu’il essayait d’apprendre (et notamment le Français).
Au final, et après tous les voyages que l’on a fait depuis, c’est quand même en Inde que j’ai vu les images de misère humaine les plus impressionnantes. La mendicité, dans certaines villes, peut être particulièrement oppressante. Bref, si vous faites un premier voyage en Asie, l’Inde n’est peut-être la meilleure porte d’entrée.

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  •  Le Taj Mahal

On en parle, du Taj Mahal ? En discutant avec des voyageurs, j’ai pu constater que beaucoup ne venaient pas à Agra car il n’y avait que le Taj Mahal (piège à touristes!). Et d’autres venaient précisément parce qu’il était la chose à voir.
Bref, j’aime bien voir les choses célèbres, car je me dis qu’elles le sont pour une raison. Le Taj Mahal, il ne faut pas se raconter d’histoires, il en jette. C’est gros, c’est blanc, c’est symbolique et charismatique. C’est un beau message d’amour et une image qui reste longtemps dans la tête.

  • Les infos pratiques

Deux choses, notamment. Cela s’est peut-être adouci depuis, mais j’ai le souvenir que la paperasse du visa était un peu longuette. Ils demandaient notamment un chèque de banque…
Un mois sur place, hors billet d’avions, m’avait coûté en tout et pour tout, environ 500 euros. Et à la différence du tour du monde Longs Courriers, je n’étais pas dans la recherche du dortoir le moins cher.
La chaleur, en juillet, était étouffante. Le pilote d’avion a annoncé 38 degrés (à 22 heures) quand on a atterri. Elle n’a jamais baissé. J’ai eu une journée à 48 degrés…

2 réponses

  1. Isa
    | Répondre

    Que de bons souvenirs me concernant … j’ai passé plus d’un mois en Inde du sud , à Chennai, dans le cadre d’une mission humanitaire. Je garde un excellent souvenir de cette partie de l’inde, de la gentillesse des indiens alors que quelques années auparavant j’avais eu un peu plus de mal en Inde du nord …

  2. […] à construire notre premier webdoc, Entrez dans le Transsibérien Manu a décidé de raconter son voyage en solo en Inde, et puis j’ai eu envie de dire simplement « merci » à toutes les […]

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