Sri Lanka : À l’Est, là où l’on trouve ce que l’on cherche

imageVoilà plusieurs jours que nous flânons sur la côte est du Sri Lanka, entre Batticaloa et Trincomalee, et celui-ci devrait être le dernier. Nous y avons trouvé ce que nous voulions presque par accident : une petite ville un peu oubliée, une petite plage chargée de bateaux, une chambre nue. « Là, j’ai des Russes, ils venaient pour trois jours mais ça fait un mois qu’ils sont là », chuchote le docteur qui tient la pension. Juste savoir qu’un lieu comme celui-ci existe nous permet de quitter la côte sereinement et de mettre le cap sur Jaffna, la ville à la pointe Nord du pays. Mais avant, je vais vous raconter la balade…

Batticoloa, surprise !

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La virée vers l’est commence avec un hasard. Celui du train de Pollonaruwa, qui devait partir à 13 heures. Plusieurs personnes nous l’avaient dit. Mais sauf que le dimanche, le train passe à midi dix, voyons. Techniquement on devait le louper. Mais j’avais peut-être encore quelques points de karma ferroviaire puisque le-dit train avait… une heure de retard. En voiture ! Nous sommes dans un wagon presque vide, aéré de partout, on vole presque. Le sable remplace vite la terre et les premières ruines apparaissent. La guerre ? Le tsunami ? Difficile à dire. Bon, par contre, notre train ne s’arrête pas dans la gare prévue. On arrive donc, assez surpris, jusqu’au terminus, Batticaloa. Rapidement, on abandonne l’idée de trouver un moyen de transport pour Kalkudah, notre destination, et nous nous mettons en quête d’une auberge pour la nuit. À Batticaloa, les gens ont l’air contents de nous voir. Des voitures s’arrêtent pour faire coucou, demander d’où on vient. Mais nous, on est un peu perdus. On marche un peu au hasard quand un commerçant nous arrête et discute avec nous. Il s’appelle Mohamed, il est chef d’entreprise, il veut nous aider car il connaît les rares hotels de la ville. Peut-être a-t-il vu que j’étais, à tort, un peu désespérée. Hop, il nous range dans sa camionnette et nous emmène dans une « rest house » d’état, immense, vide, puante et très chère. On ose décliner et on se retrouve dans un autre petit truc bien plus sympa. On a même le temps de visiter la ville, où un nombre insensé de magasins de vêtements fleurissent partout. Il y a même une sorte de petit temple où l’on peut se faire couper les cheveux. Bon. Sympa mais pas vraiment marquant… Le lendemain matin, on attrape à la volée un bus pour Valachennai et de là, on rejoint rapidement la plage en tuk-tuk.

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Enfin. Sous la chaleur, on ne rêvait que de pouvoir se rafraîchir dans l’océan Indien. Et puis à Kalkudah, il y a le choix : à ma droite, une plage populaire et calme, sans vagues, claire… À ma gauche, une plage encore un peu sauvage, uniquement peuplée de vaches et de bateaux de pêcheurs. Ce qui est alarmant, par contre, c’est le nombre de resorts de luxe en construction partout. En marchant d’une plage à l’autre, nous en avons compté six ou sept. À quoi ressembleront, dans deux trois ans, ces jolies plages ?

Farniente sur la plage

On peut le deviner en se rendant à Uppuveli, une plage très touristique aux abords de Trincomalee, plus au Nord. Mais d’abord, je vous raconte comment on s’y est retrouvés : à Kalkudah, nous avons rencontré une gentille petite famille de Sri Lankais en vacances, avec qui nous avons sympathisé. Comme ils passaient par là, ils ont proposé de nous emmener en voiture jusqu’à Uppuveli ! Le trajet s’est vite passé, entre selfies avec la petite de la famille et échange de vocabulaire franco-cinghalais…
Alors, Uppuveli, c’est une sacrée jolie plage. Étendue à souhait, propre, accueillante… Nous n’avons pas eu de chance côté hébergement, car tout est devenu très cher et pas forcément de bonne facture dans le coin. Un collègue nous avait conseillé le Coconut Beach Lodge, et en effet, ça avait l’air très chouette, mais naturellement complet. Bon, on a quand même trouvé de quoi dormir sans paniquer (depuis deux jours, tout le monde nous disait que c’était impossible, or, sur place, on a trouvé quatre adresses qui avaient des chambres vides..) Mais le lendemain, en visitant la ville même de Trincomalee, on a un vrai coup de cœur pour la ville, qui, du coup, n’est pas très fréquentée par les visiteurs. Allez, ça vaut un chapitre…

Tranquille Trinco

À Trinco, nous ne venions que pour retirer un peu d’argent et pour se renseigner sur notre prochain bus qui devait nous mener vers le nord de l’île. Et puis, chemin faisant, on visite le marché couvert, qui résonne de toute part et qui déborde de légumes et de fruits que vous n’avez probablement jamais vus (pas nous, en tout cas) et on cherche le cimetière colonial, parce que oui, j’aime bien visiter les cimetières.

Aux abords des sépultures, première surprise :
« – tiens, regarde, un daim !
– un quoi ? Un bain ?
– nan nan… Un vrai daim, couché la… »
En effet, un grand daim était tranquillement posé sous un arbre et nous apprendrons plus tard que plusieurs de ces animaux vivent librement dans la ville.

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La visite du cimetière se révèle très intéressante. Sur plusieurs tombes, on nous explique même la raison de la mort de l’individu enterré… Par contre, étonnant, les portes du cimetière sont fermées. Un vendeur de mangues nous a dit : « sautez simplement le muret, c’est pas comme s’il y avait des secrets à découvrir, non plus… »

Ensuite, nous nous rendons au fort qui domine la magnifique plage de la ville. On peut entrer librement dans le fort et traverser la base militaire habitée à moitié par des soldats, à moitié par des daims (je ne blague presque pas). En montant, on atteint un temple hindouiste très beau même s’il ne doit pas être bien vieux, très fréquenté, juché sur la falaise. Vue magnifique, jolis moments en famille sous les « arbres à souhaits » dont les branches plient sous les rubans et petites boîtes, signes du vœu d’un croyant…

Cerise sur le gâteau, on trouve une toute petite auberge où l’on prend une chambre à un prix dérisoire pour le lendemain. Il s’avère que le prix était aussi dérisoire que l’hygiène du lieu, mais bon, c’était un moment très rigolo. Nous étions logés chez le docteur du quartier, avec deux Russes bizarres. Une nuit très courte, étouffante (quand l’électricité se coupe, pas de ventilo!) mais au moins, dans le bruit des vagues…

Ce matin, nous avons pris le bus pour Jaffna, ville du Nord, longtemps coupée du reste de l’île durant la guerre. Étonnant : ce soir, beaucoup de gens nous adressent la parole en nous demandant : que pensez-vous de ma ville? Ils semblent heureux d’y voir des gens venant d’ailleurs. Autre rencontre intéressante : une famille sri lankaise qui vit en Angleterre. Le papa nous a expliqué qu’il est né près de Jaffna (il devait avoir 40 ans) mais qu’il a quitté le pays assez jeune et qu’il n’est pas revenu jusqu’en 2014. Là, c’était la première fois qu’il venait à Jaffna et il faisait en même temps découvrir le pays à ses enfants… Un beau symbole de paix qui soulève aussi beaucoup de questions.

Mais on vous racontera la visite de Jaffna plus tard ! Comme on fait peu mention de cette ville sur les blogs, je vais essayer d’être un peu précise et de donner des infos pratiques… Pour la suite, nous pensons descendre tout doucement la côte ouest jusqu’à la date de notre départ, à l’aube du 9 août !

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5 réponses

  1. Merci pour le billet. C’est hyper intéressant.

    « Ce qui est alarmant, par contre, c’est le nombre de resorts de luxe en construction partout »

    construits/possedés par l’armée cinghalaise ?

  2. Ayubowan Sri Lanka
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    En effet, la situation sur la côte est de plus en plus préoccupante. L’État est en train par le biais de l’armée de s’accaparer une grande partie du littoral pour développer de grands resorts et autres hôtels de luxe… Ceci se fait malheureusement souvent à coup d’expropriation.

    Voilà un article sur la côte est sri lankaise très intéressant, surtout qu’habituellement les voyageurs ne s’arrêtent guère à Trinco, encore moins à Batticolao préférant se prélasser sur les plages d’Uppuveli et Nilaveli!

    • Sarah Lachhab
      | Répondre

      Merci beaucoup pour les infos ! Je suis curieuse de voir comment évoluera cette partie du pays…

  3. natieak
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    C’est un bien joli voyage que vous nous offrez . Merci pour ce bel article.

  4. […] nous sommes repartis. Je suis retournée au Maroc avec ma famille, et puis nous avons découvert le Sri Lanka. Par ailleurs, nous avons appris à poser un regard différent sur notre pays, la France, et nous […]

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