Sri Lanka : Prendre de la hauteur à Sigiriya

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Sigiriya1Le rocher de Sigiriya, l’un des sites archéologiques les plus importants, se situe au centre-est du pays. Au sommet de ce magnifique caillou culminant à plus de 350 mètres se hissait un palais datant du Vème siècle. Une histoire de roi mégalo, comme toujours. On peut toujours admirer les ruines de ce palais, longtemps abandonnés, mais à présent réhabilitées et accessibles aux visiteurs.

Le passage à Sigiriya était un moment très attendu par Manu lors de notre voyage au Sri Lanka. Si on ne savait pas exactement quel chemin nous allions suivre, nous savions que nous ferons halte au pied de ce majestueux rocher. On vous le confie, nous n’étions pas emballés à l’idée de visiter des ruines de temples à la pelle – du coup, tout notre budget « visites » est quasiment passé dans cette petite ascension. Budget : 3 900 roupies, soit 23 euros, par personne.

Y aller 

Si certains visiteurs choisissent de dormir à Dambulla, la ville moyenne la plus proche, nous sommes allés jusqu’au village de Sigiriya où il a été très facile de trouver une petite auberge (compter 2000 à 2500 roupies pour la nuit). De Dambulla, un bus direct dessert ce village, qui se trouve malgré tout dans une sorte de « cul de sac ». Vous aurez tout ce qu’il faut pour manger sur place, que ce soit quelques hoppers, ces fameuses crêpes en forme de bol qui sont préparées dans la rue à la tombée du jour, ou alors des curries tout simples.

Je garde un très bon souvenir d’un déjeuner dans un petit boui-boui au centre du village, qui avait un petit jardin et quelques tables à l’arrière. Un tout petit garçon – vraiment tout petit, tout fin – s’est approché de nous, on a commencé à jouer et se faire des sourires. Il tenait une immense noix de coco. Petit à petit, on s’est mis à chanter à tour de rôle dans la noix de coco verte, ce qui avait le don de le passionner au plus haut point. Le propriétaire nous a ensuite expliqué que c’était son fils, et qu’il souffrait d’une maladie du coeur. On a passé deux heures avec ce gamin, très inventif et très doux. Il a dégoté l’un de ses shorts quelque part, et ça le faisait rire aux éclats de le passer par dessus celui qu’il portait déjà. Bref. Pas de mots en commun, mais un moment très complice. Je pense souvent à ce gosse.

L’escalade 

Revenons à nos cailloux. J’en veux toujours aux guides de voyages qui martèlent qu’il faut être en très bonne condition physique, entrainé, sous dopage, tout ce que tu veux, pour atteindre le sommet. Franchement, quand on est en bas et qu’on lève les yeux vers l’imposant rocher, on est tenté de le croire. Mais en fait, l’ascension est vraiment à la portée du plus grand nombre. Les guides ont sans doute raison de prévenir les personnes moins mobiles, plus âgées, mais devraient peut-être nuancer leurs termes. On peut y aller très tranquillement, le cheminement est bien fait, les phases d’escaliers sont alternées avec les parcours plats. Attention, cela dit : il n’est pas possible de trouver de l’eau potable sur le site, et la chaleur peut vite être écrasante. Les personnes sujettes au vertige peuvent aussi être coincées. Lors de la descente, une jeune femme a été immobilisée. Mais de manière générale, tout est solide et large.

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En pénétrant sur le site, on traverse d’abord une large plaine où plusieurs ruines de bassins sont visibles. La grimpette commence avec plusieurs volées de marches, et puis on commence à contourner le rocher. Superbe pause dans une petite grotte, où de magnifiques peintures rupestres de femmes ont été conservées. Très très très beau. Vraiment.

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Une petite pause est possible juste après le mur des Miroirs, où des « graffitis » moyenâgeux sont visibles. Sans rire, les ados du Vie siècle devaient un peu s’ennuyer et gravaient des phrases sur ce grand mur lisse. Drôle. On arrive donc sur une grande plate-forme, d’où la vue est déjà à tomber, et où on peut reconnaitre les « pattes » du Lion de Sigiriya (oui, parce que c’est un Lion en fait… quand je vous parlais du roi mégalo… ). Ici commence ce qui est peut-être la partie la plus difficile de l’ascension : on se suit le long d’un petit escalier en métal assez raide. Et là-haut, boum, on est sur le toit du monde !

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Difficile de décrire les couleurs, l’immensité de la vue, qui porte loin, si loin… C’est glorieux. Et on se sent tout étrange en pensant à ce roi et sa cour qui devaient vivre carrément ici, comptant sur le travail des esclaves contraints de monter et descendre dès que nécessaire.

La fréquentation 

Bien sûr, nous n’étions pas les seuls à avoir envie de saisir une vue magnifique au sommet du rocher de Sigirya ! Si tout le monde nous a dit « il faut y aller à sept heures pour être sur le site encore un peu vide », on a trainassé et on s’est pointés à 9 heures. Oui, bon, il y avait du monde, mais ce n’était pas non plus Carrefour un samedi après-midi. Et d’ailleurs, en repartant en début d’après-midi, on a trouvé le site bien plus vide. Peut-être que faire la grasse mat et grimper vers 14 ou 15h aurait été une bonne option également…

Cela dit, à part quelques moments où il a fallu s’arrêter pendant l’ascension, le site reste tout de même assez grand et on peut pleinement profiter de l’environnement. Et puis on parle de la fréquentation des humains mais… Sachez que l’on peut aussi croiser quelques animaux : de beaux reptiles et des singes qui nous narguent en se baladant sur les façades du rocher.

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Vous en voulez encore ? 

Nous avons rencontré deux compatriotes en arrivant à Sigiriya, qui nous ont emmené faire un truc plutôt chouette : sur le site du rocher de Sigiriya, une petite promenade nous emmène près d’un temple, très sympathique à voir d’ailleurs, construit sous une sorte de colline élevée (que l’on voit d’ailleurs sur nos photos, mais je n’arrive pas à retrouver le nom) que l’on peut également escalader pour avoir une vue sur le rocher lui-même. L’accès au temple coûte 300 roupies. Un guide va vous offrir ses services, à vous de voir si ça vous tente. Nous sommes partis tous les quatre sans guide, et il faut dire qu’à un moment on l’a presque regretté. Mais… Mais…

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La balade est sympathique, autant pour nous (qui n’avions pas encore grimpé le rocher du Lion) que pour nos acolytes (qui l’avaient fait le matin même). On arrive au niveau d’un Bouddha couché magnifique, qui fait face à toujours les mêmes plaines verdoyantes. Mais pas de rocher à l’horizon. On essaye de pousser plus loin, mais aucun chemin n’est praticable. On distingue alors un passage envisageable, mais qui semble dangereux puisqu’il faut escalader plusieurs gros cailloux. Mais là, on croise une famille de Français qui nous explique que c’est bien l’astuce à suivre pour arriver en haut : alors on y croit, on se lance et on grimpe ! Sensations fortes garanties… On déboule alors sur un gros rocher faisant face directement à son grand frère sacré. Le vent souffle fort, on est fiers de nous même si ce n’était pas follement difficile. On conseille donc cette petite escapade pour compléter la visite !

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Le rocher de Sigirya vu d’en face… Autant vous dire qu’à ce moment là, je ne me sentais pas capable d’escalader !

 

8 réponses

  1. Théo BONIN
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    Pour l’été prochain j’hésitais entre le Sri Lanka et l’Inde. Bon mon choix s’est porté sur l’Inde mais votre article me donne encore plus envie d’aller au Sri Lanka. Dans deux ans peut être =) ! C’est vraiment superbe !

    Pour la « colline élevée » je dis peut être une bêtise mais j’ai un peu cherché sur internet et j’ai l’impression que ça ressemble aux « summit ruins ». Tentez « Summit Ruins Sri Lanka » sur Google images. Si c’est pas ça au moins j’aurais tenté =)

  2. Sarah Lachhab
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    Merci Théo ! Ecoute je ne crois pas que ce soit ça (c’était plus boisé, avec une petite forêt et tout) mais ce que tu as dégoté a l’air vraiment chouette également !
    Au plaisir d’échanger avec toi !

  3. Louise
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    Vos voyages me font tous rêver, les paysages sont magnifiques ! Pour moi ce ne sera pas avant quelques années, mais je prends mon mal en patience :)

    • Sarah Lachhab
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      Mieux vaut tard que jamais… Et on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise :)

  4. Elodie El.
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    Vous avez eu beaucoup de chance d’avoir eu un temps aussi clément :-) le meilleur moment pour aller au Sri Lanka reste le début de l’année.
    Top et complet votre article, représentant bien ce que j’ai moi même vécu toutes les fois où j’y suis allé

    • Sarah Lachhab
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      Bonjour Elodie, et merci pour ton retour !
      C’est aussi en pensant à la météo que nous avons décidé d’orienter notre itinéraire vers le nord de l’ile à cette période de l’année… A très bientôt !

  5. Solene
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    J’envisage peut-être le sri lanka pour l’année prochaine alors je dévore vos articles surtout que le nord me tente bien! Sympa ce petit rocher, les paysages vu d’en haut ma rappelle Batambang au Cambodge ( il y avait même des singes)
    Bisous a bientôt
    Solène

    • Sarah Lachhab
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      Hello Solene ! J’espère que tu vas trouver le créneau pour filer au Sri Lanka :) Attention pour le Nord, depuis peu, on demande une « autorisation » aux étrangers. Malgré tout ça semble être assez simple à avoir, mais comme quoi, rien n’est jamais trop stable…

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