Visiter Edimbourg… sans voir le château

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Au loin, la silhouette du fameux château d’Edimbourg. Même s’il semble au centre de tout, on peut profiter pleinement de la ville sans franchir ses portes…

Edimbourg fait partie de ces villes où un monument est devenu symbole : si Paris a sa tour Eiffel, la capitale de l’Ecosse a son château juché sur son volcan endormi. Naturellement, il est magnifique et c’est un plaisir de lever le nez vers sa silhouette, d’où que l’on soit. Cependant, lors de mes deux passages dans la ville, je n’ai pas eu envie de m’en approcher plus que ça. En me baladant le long de la rivière à Leith, je réalise qu’il est en fait complètement possible de visiter Edimbourg sans même voir le château. Alors voilà trois idées de choses à faire à Edimbourg, en complément de mes précédents articles ici et , si l’on n’a pas envie de visiter le château.

Des musées gratuits aux univers très marqués 

Les musées et moi, on s’entend bien mais il faut dire que je suis exigeante. Je veux qu’un musée soit ouvert, pensé comme un lieu de vie, accessible à l’intérêt de tous. Rien de plus barbant qu’une enfilade de galeries blanches où les oeuvres, parfois mal mises en valeur, sont flanquées d’un pavé de texte immangeable.

Je repense au Palais Idéal du Facteur Cheval, que l’on peut visiter à Hauterives dans la Drôme. Je vous invite à découvrir l’histoire folle de ce lieu mais voilà une phrase qui m’a marquée. M. Cheval, en construisant son oeuvre, laisse cette phrase : « Défense de ne pas toucher ». Une véritable invitation lancée au visiteur qui entre dans un nouvel univers, à des lieues des lasers et des alarmes de certains musées (attention, ceci n’est pas une invitation à embrasser des toiles de maîtres).

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Il y avait un peu de ça au National Museum of Scotland, né en 2006 de la fusion du Musée de l’Ecosse et du Musée royal d’Edimbourg. L’accès au musée est totalement libre et gratuit, il n’y a littéralement qu’à franchir la porte pour se retrouver parmi les expositions. Ce musée est un peu bicéphale : d’une part, on s’intéresse à l’histoire de l’Ecosse à travers les âges, et de l’autre, plusieurs salles s’intéressent aux cultures du monde, aux sciences, à la technologie, dans un joyeux désordre lumineux.

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Premier coup de coeur : j’entre par la grande verrière qui baigne de lumière les étages, c’est sincèrement le coup de foudre. Cet espace me fait assez rigoler parce que c’est vraiment le bordel. Une statue de Buddha, des bustes français, des vélos, des machines étranges, des dinosaures. On explore ici les cultures du monde : les mettre ensemble montre aussi tous leurs points communs. Ca pépie, ça court, ça fait de la trottinette. Bref, on ne se sent pas dans l’un de ces musées glaçants et tristes. Ici, on vit. Je m’attarde peu dans chaque salle parce que je suis plus intéressée par la seconde partie, dédiée à l’histoire de l’Ecosse. Je retrouve rapidement ma bonne copine Marie Stuart, que je reconnais entre mille après avoir passé une année à m’intéresser ce que elle et sa cousine Elizabeth se sont amusées à faire au XVIIe siècle.

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Le gisant de la pote Marie Stuart

Le côté plus historique du musée est également très vivant et complètement pensé pour les enfants. Ceux-ci trouvent des jeux, des déguisements, des explications simples. J’ai même vu des familles manger à l’intérieur du musée, comme quoi, c’est un lieu où il est agréable de déambuler. Je ressors vraiment ravie de la balade, et admirative de la muséographie assumée du lieu.

Bien partie sur la lancée, j’enchaîne avec la Scottish National Portrait Gallery, un autre musée gratuit, et passionnant, dans un style totalement différent. Sur le papier, ça peut paraître ennuyeux, une galerie de portraits. Mais en réalité, c’est magnifique, et il n’y a pas que des portraits ! On entre dansP1040649 un espace circulaire et feutré, tapissé de vert, au sol, et de rouge, aux murs. Là, tout le monde évolue silencieusement, presque au ralenti. D’immenses toiles se chevauchent presque et les murs sont chargés jusqu’au plafond, du moins au rez-de-chaussée. J’ai réalisé plus tard que je n’ai pas tout vu, ce qui me donne une bonne raison d’y retourner plus tard. Il y a beaucoup d’art écossais, mais aussi des peintres flamands, français, italiens…

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Un Degas, et puis un joli bouquet…

 

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Water of Leith walkway, au fil de l’eau

P1040478Le long de la rivière de Leith, un chemin de balade pédestre ou à deux roues permet au visiteur de sillonner à travers la vilP1040413le de manière différente, plus côté nature que côté macadam. Là, la silhouette du centre-ville et du château disparaît derrière celles des talus, des grandes bâtisses en pierres, et des nouvelles constructions au fil de l’eau. Cette piste, qui traverse la ville en passant par de nombreux quartiers, vous emmènera notamment à Dean Village où il faut jeter un oeil aux maisons de briques rouges et aux multiples niveaux à explorer. Nous avons marché jusqu’à Murrayfield mais la piste continue bien plus loin, toujours le long de la rivière.

Sincèrement, on se sent ailleurs, et quand on émerge c’est un vrai retour en ville que l’on fait. Vous croiserez, en chemin, de nombreux chiens en promenade, des coureurs, des canards et des enfants. Certaines oeuvres de street-art se révèlent, sous les ponts, aux regards attentifs et plusieurs habitations récentes donnent sincèrement envie de lézarder en terrasse, tout près de la rivière.

J’aime bien marcher, mais sans être une grande randonneuse. Quand Tao et Camille, à la fin de la promenade, me disent que l’on a marché plus de 15 kilomètres, sincèrement, je n’en crois pas mes… jambes.

Le château, le centre-ville, sont oubliés. Ce que j’apprécie à Edimbourg, comme à Grenoble, c’est l’étonnante facilité à sortir de l’agglomération pour se retrouver dans un espace plus aéré, entièrement silencieux.

 

 

 

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Rosslyn Chapel, hors de la ville

photo 1Allez, il est l’heure d’attraper le bus pour se laisser filer à travers la campagne jusqu’à Roslyn, un petit village où j’ai visité, sur les conseils de Tao et Camille, l’adorable Rosslyn Chapel. C’était un petit détail, mais ça peut vous plaire : c’est ici qu’Audrey Tautou et Tom Hanks sont venus voir si par hasard Jésus ne leur avait pas laissé un petit post-it pour les briefer sur le sens de la vie et compagnie. Maintenant que j’y repense, il faudrait que je revoie la scène…

Me voilà donc partie pour un trajet de 10 km à travers la campagne, pour 1,5 pound, puisque ce sont les bus urbains qui vont aussi dans les petits villages. Arrivée là bas, je rencontre une vieille dame qui tient le guichet de la chapelle. Elle est toute contente de rencontrer quelqu’un qui parle français. « J’aimerais tellement apprendre », glisse-t-elle. Je l’encourage et elle sourit en hochant la tête.

La chapelle, construite au XVe siècle, est toute petite. Mais elle regorge de détails, c’est pourquoi je vous conseille de prendre un audioguide, compris dans votre billet d’entrée (9 pounds) si vous n’arrivez pas à temps pour une visite groupée. Alors, bon, j’ai voulu faire la fière et j’ai pris l’audioguide en écossais anglais, et je confesse que « certains » détails m’ont échappé (hum).

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Ce n’est pas mentir que de dire que chaque sculpture, chaque pierre, a son histoire. D’où l’importance d’écarquiller les yeux en écoutant le guide, c’est presque un jeu. On cherche le maçon représenté à la troisième ligne de la première colonne en partant de la gauche si vous faites face à l’autel. Entre autres. Là, mille détails surgissent : c’est d’ailleurs ici que l’on trouve la plus ancienne représentation de la cornemuse. Il n’est pas autorisé de faire des photos à l’intérieur, vous irez donc retrouver la petite cornemuse vous-mêmes :)

A titre personnel, j’aime bien l’histoire de ces monuments puisque, même s’ils ont une vocation religieuse, c’est juste l’histoire du coin, l’histoire du chantier, que l’on lit dans la pierre : tel ou tel seigneur décide d’ériger une chapelle pour un saint précis, mais c’est surtout en son honneur qu’il débourse tant d’argent, et cela se voit dans la décoration : la famille du seigneur est représentée, symboliquement, un peu partout. Plusieurs histoires concernant les hommes qui ont travaillé sur cette chapelle peuvent également être débusquées. Le religieux, finalement, n’est plus qu’un prétexte. Plus qu’une chapelle où l’on prie, je vois un monument inscrit dans le siècle, dans le quotidien de ceux qui y ont travaillé. Mais pour le ressentir, il faut prendre le temps d’écouter et de chercher les détails…

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Une petite dernière, repêchée dans mon compte Instagram @longscourriers…

 

8 réponses

  1. argone
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    On avait fait une partie de cette promenade le long de la rivière, c’était assez dépaysant. Je suis allée voir le château de près et je suis rentrée dans l’enceinte sans pour autant le visiter, donc je ne peux pas donner mon avis là-dessus … ;-) Love Edinburgh !

    • Sarah Lachhab
      | Répondre

      Je pense que je le visiterai un jour, mais ça me semblait pas urgent et surtout un peu cher… Mais j’adore les châteaux, ça devrait me plaire…

  2. La Luciole
    | Répondre

    J’étais allée jusqu’à Murrayfield en bus, les quartiers traversés ne faisaient pas vraiment rêver. Je me dis maintenant qu’on aurait peut-être dû tenter cette promenade ! Moi j’ai vu le château, mais tu m’as donné envie de découvrir le musée du coup. :) Et sinon, dans le château, on découvre les liens entre Marie Stuart et la Lorraine. Et rien que pour ça, j’étais contente de l’avoir fait (puis bon, c’est quand même sympa par ailleurs aussi !) mais du coup, pour toi, c’est peut-être pas pareil, haha !

  3. LadyMilonguera
    | Répondre

    Cette promenade le long de la rivière semble bien agréable…

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