Voir Pisco et souffler (vidéo)

Posté dans : Amérique du Sud, Pérou | 3

IMG_2394A Pisco, nous avions l’impression d’être plongés dans un film d’art et d’essai. Nous étions soudain si seuls : nos familles, puis nos amis, avaient repris l’avion pour la France. C’était la fin du mois de septembre, l’école avait repris, vous aviez la tête ailleurs. Nous avons quitté Cuzco en bus, frais, après quelques jours de repos passés à éprouver les courbatures ramenées du Machu Pichhu. A Pisco, on tombe dans une anti-carte postale du Pérou…
Pour commencer, une petite vidéo de même pas une minute.

Pour Pisco, on prend un bus, puis un autre. Nous ne voulions pas retourner à Lima avant notre avion pour le Brésil, c’était le bon compromis, un coin oublié posé près de l’océan. La veille, nous avions réservé une auberge excentrée, sans y regarder de plus près. Une fois à Pisco, on prend un taxi qui nous dépose devant un bâtiment blanc, poussiéreux, fissuré. « Impossible qu’il y ait le moindre être vivant ici », pense-t-on. Juste pour rire, on toque, on s’apprête à faire marche arrière quand la plus gentille des Péruviennes nous ouvre. A croire qu’elle nous attendait, tapie dans l’ombre. Elle nous désigne une chambre toute simple, baignée de lumière, face à l’océan sauvage. Des tonnes de mouettes et de pélicans vont et viennent. On pourrait rester là à les regarder toute la journée.

IMG_2916
Le 15 août 2007, un énorme tremblement de terre a frappé la ville de Pisco. Qui ne s’en est toujours pas remise. Il y a ce qu’on voit, comme les fissures, les champs de ruine, et puis ce que l’on sent : une certaine mélancolie, la misère, le vide. Et pourtant Pisco a de quoi être fière puisqu’elle est l’une des premières villes du Pérou tel qu’on le connait. L’Histoire est – souvent – passée par là. Et puis il y a cette boisson, cette liqueur éponyme, qui fait que le nom de Pisco n’est nouveau pour personne. La ville vit, par-dessus ses blessures. Les rues sont sillonnées par ce genre de triporteurs fous, plus tunés les uns que les autres, dans une cacophonie agréable.
IMG_2952
J’ai encore la petite montre rouge, en plastique, que j’ai achetée à Pisco. Elle est un peu bizarre. Comme la ville. Comme ces quartiers tracés à la règle, dans le centre ville, ces longues avenues. A Pisco, on s’est un peu ennuyés, mais on en avait besoin : pour faire le point, resserrer les troupes, se préparer à notre grande étape brésilienne. Un soir, sur la plage grise qui faisait face à notre auberge, on aperçoit un gros lion de mer tout luisant. Juste posé là, prenant son bain, indifférent aux voitures et aux calèches qui tracent, tout près. Il observait le coucher de soleil, et nous, on regardait sa peau grasse se mouler dans le sable. Oui, de Pisco, je garde un souvenir presque cinématographique. Un midi, je suis allée faire un tour seule pour trouver quelque chose à manger. Dans le quartier de notre auberge, il n’y avait pas grand chose. En passant dans une rue, deux chiens sauvages ont aboyé dans ma direction et m’ont couru après sur plusieurs mètres. J’ai eu peur, des gens ont dispersé les chiens et au final on a tous bien rigolé.
IMG_2382
D’autres photos :

3 réponses

  1. natieak
    | Répondre

    Bonjour
    Elle est bien sympathique cette petite vidéo: Elle est récente cette église en bois?

    • Sarah Lachhab
      | Répondre

      Merci ! Ecoute je n’en sais trop rien, on est juste passés par hasard, mais en effet, elle avait l’air récente… Elle semblait dater d’après le tremblement de terre dans tous les cas :)

  2. Voyage Perou
    | Répondre

    Je n’ai été qu’à Pisco qu’en 2009, donc peu de temps après le tremblement de terre et ouf!, ça m’avait impressionnée, j’avais l’impression d’être sur un site de guerre, les pauvres! J’aimerais bien y retourner (enfin, surtout pour visiter les bodegas qui font du pisco ^^)

Répondre