Week-end : et pourquoi pas les montagnes du Jura ?

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Jurart-25Trois jours dans la nature, à sillonner les montagnes du Jura. Au calme. Avec des assiettes gourmandes, des oreillers moelleux, des sapins gigantesques et des gens passionnés. Voilà le cocktail gagnant de mon week-end nature et détente avec mon amie Violaine, une parfaite coupure entre un hiver un peu trop long et un printemps prometteur… Pour commencer, voici un premier résumé et quelques bonnes adresses ! 

Je connais mal la Franche-Comté, et pourtant, je la traverse souvent, en allant de mon Alsace natale à mon Isère d’adoption. Certaines gares attirent mon attention, comme celle d’Arc-et-Senans, pour sa grande saline que l’on aperçoit à travers la fenêtre. Alors quand le collectif des Montagnes du Jura nous a donné l’opportunité d’en voir plus, c’est avec curiosité que j’ai parcouru la carte du massif du Jura, entre le Doubs et le département du Jura, pour apprécier la proximité de la Suisse, de l’Alsace, les sommets, les vallées. J’avais envie de m’envelopper dans quelque chose d’un peu confortable, tout en ayant la sensation d’être vraiment ailleurs. Violaine m’attendait à la gare de Besançon. C’était la grève à Radio France, la musique était sympa. On craignait un ciel bas et gris, on a été épatées par les passages du soleil. C’est même avec bienveillance que l’on a accueilli la pluie lors de notre dernier jour, à Salins-les-Bains. Nous avons, le temps d’un grand week-end, comblé nos envies d’espace, de découvertes et de confort.

Envie de grands espaces

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Dans les rues de Lods

Urbaine et fière de l’être, il y a toujours un moment où l’envie de campagne commence à mordre. Et j’ai beau aimer mes trois petits massifs grenoblois, admirés d’en bas, parfois il fait bon s’échapper et prendre un grand bol d’air. En partant un jeudi, j’ai vraiment eu la sensation de filer, à l’insu de tous, vers le massif du Jura tout proche. Après une pause déjeuner à Lons-le-Saunier avec Delphine et Jean-Philippe de A la fin de la route (et je vous invite à garder un oeil sur leur nouveau projet, Lost in the USA), je mets le cap vers Besançon, par la nationale. Bon, je n’ai pas eu trop de chance : coincée derrière une colonne de camions, je suis arrivée en retard à mon rendez-vous avec Violaine… Malin, pour nos premiers instants en commun.

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Le fort Saint-Antoine

Et là, on passe vraiment en mode wild : mon téléphone s’éteint peu après et c’est sans carte routière et avec les indications des habitants que nous grimpons jusqu’à Pontarlier et puis Saint-Antoine, où nous visitons le magnifique fort où sont affinés les comtés Marcel Petite. Autour de nous, le jour s’assombrit derrière les immenses épicéas. Et au fond, même sans téléphone, sans réseau, sans rien, nous nous sentons plus légères. On fait confiance. On suit la route, la petite lumière de la voiture qui nous précède.

Parce ce que notre itinéraire ne nous a pas contraintes à faire de longues portions de route, il a été très agréable de conduire dans les montagnes du Jura, notamment entre Malpas, Malbuisson et Lods. Les routes sont super, la vue, vraiment dépaysante et très variée. Je n’ai rien contre les grandes plaines agricoles, hein (coucou la Beauce) mais ce que j’apprécie en moyenne montagne c’est qu’on traverse une véritable marqueterie d’activités. Il y a des prés de vaches montbéliardes, quelques jardins, un peu de vignoble. Chaque savoir-faire est vraiment localisé, c’est aussi ce qui permet de maintenir un certain dynamisme. On s’est un peu perdues, parfois – pas trop hein, juste ce qu’il faut – ce qui nous a mené sur des routes encore plus étroites, dans des villages encore plus petits. Loin des camions et de l’autoroute…Jurart-5

Envie de découvertes

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Le carnaval surprise de Salins-les-Bains

Avoir le plaisir de se perdre plus ou moins volontairement dans les contreforts du Jura va de pair avec la joie de rencontrer des gens tellement cool que je ne peux me retenir de les assommer de questions et d’en apprendre plus sur leur quotidien. Ceux qui disent plutôt « je suis Jurassien » et ceux qui préfèrent « je suis Franc-comtois ». Les gueules d’ici et celles d’à côté. Les racines bien fichées dans le Jura, que ce soit côté français ou côté suisse. Sans forcément s’enquiller une tonne d’activités et de visites culturelles, je suis persuadée que l’exercice permet de donner le sel d’un week-end pareil. On se repose, on se balade, on est entre nous, mais c’est en serrant des pinces que l’on passera des bons moments. Je pense à Christine et Fred, du chalet d’alpage de la Champagne, qui nous ont fait une place entre la cheminée et la raclette le premier soir, alors que nous tombions de fatigue. Je pense forcément à Agnès, dont je pense écrire un petit portrait, qui se démène pour préserver deux richesses de son patrimoine : les chevaux comtois et le travail du cuir. En quelques heures avec elle, mon champ lexical a dû gagner une trentaine de mots. Minimum. Pareil avec Guy, notre guide de spéléo, qui nous a emmenées dans son monde à tel point qu’on a perdu toute prise sur le temps qui passe.  Me passionner pour un truc que je ne connais pas du tout, c’est le meilleur moyen, pour moi, de couper vraiment de tous les « dossiers » en cours qui tourbillonnent dans ma tête. Là, c’était gagné.

Envie de confort

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Christine et Fred, à la Champagne…

Et pour s’assurer de faire des rencontres, l’autre bonne option, c’est les chambres d’hôte. Histoires de dingue assurées. Sensation de « rentrer à la maison » comprise dans le prix. Lorsque nous avons dormi à Lods, par exemple, j’ai réalisé au lendemain que la veille au soir, j’avais laissé mon manteau sur le canapé du salon familial et mes chaussures dans l’entrée. Comme chez elle, la fille. Par ailleurs, quand on n’a pas un planning précis, c’est aussi le meilleur moyen d’avoir des nouvelles fraîches et des conseils de connaisseurs qui battent tous les Lonely Planet, Routard et consorts.

La première nuit, c’est dans le silence le plus total que nous nous sommes endormies, sous les plafonds pentus du chalet d’alpage La Champagne, sur les hauteurs des Hôpitaux-Neufs. Là vivent Christine et Fred, qui ont réussi l’exploit de rénover une magnifique ferme du 18e siècle en gîte accessible aux groupes, alimenté uniquement par l’électricité fournie par des panneaux solaires et par l’eau récupérée sur les toitures. Au revoir les ondes, bonjour le calme. Si nous sommes arrivées dans la brume, le lendemain matin, nous avons pu profiter de quelques rayons de soleil avant de redescendre de ce petit paradis.

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Annick et Chaussette, à Lods

A Lods, c’est chez Annick et Christophe de Au fil de Lods que nous posons les sacs à dos. Sur le chemin, on rencontre Marie-Thérèse qui partage avec nous ses immanquables de ce joli petit village. Et puis Annick, au fil de la discussion, nous parle de Gustave Courbet, né à Ornans, juste à côté, et du chat Chaussette qui a fait une apparition dans un film de Benoît Poelvoorde. Eh si. Notre chambre, fraîche et lumineuse, donne directement sur la Loue, si pure que l’observateur patient verra les truites passer (véridique).

Jurart-31Enfin, nous avons dormi dans un véritable hôtel particulier aménagé avec beaucoup de goût à la Maison Salines, à Salins-les-Bains.Jurart-28 Nous occupions, par exemple, la chambre dédiée à l’enfance. C’est génial parce qu’on ne s’en rend pas compte tout de suite : une savonnette façon école primaire, vissée au mur, nous renvoie tout de suite à nos jeunes années, et un jouet en bois décore l’espace aux discrètes couleurs pastel. Bien joué ! Cette immense maison a été repensée en plusieurs appartements spacieux et chambres. Ancien hôpital, la bâtisse a ensuite vu passer plusieurs générations de notables de Salins. Après avoir pris un thé très bavard avec Christophe et son amie Nathalie, nous avons eu la surprise de voir passer le carnaval de la ville sous les fenêtres de la maison. Magique ! Pour tout vous dire, on s’est tellement senties chez nous qu’on a… embarqué les clés !

 

Jurart-27La fin du week-end a aussi été l’occasion d’aller se délasser aux thermes de Salins-les-Bains, quand la pluie, doucement, commençait à tomber. J’apprends que Violaine est spécialisée dans le thermalisme et qu’elle y a consacré une partie de ses études… A Salins, les eaux sont naturellement salées par la roche que traverse le courant.  « C’est presque aussi salé que la Mer Morte », m’explique la jeune femme qui me masse le dos. Finir le week-end sur ce moment de calme et de détente nous aura permis de vraiment nous reposer avant de réattaquer la semaine. Je n’avais jamais mis les pieds dans des thermes et je craignais un peu le côté « bienvenue chez les curistes retraités ». Un samedi après-midi, c’est surtout un lieu vivant et très fréquenté que nous découvrons. Si les infrastructures sont un peu vieillissantes (un nouvel établissement doit ouvrir en 2017) nous avons malgré tout bien profité des soins et du hammam.

 

Festival de fromages dans les montagnes du Jura

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Hop, je termine avec le meilleur : les pauses repas, qui avaient, je crois, un point commun… le fromage. Morbier, chèvre, Mont d’Or et bien sûr Comté, on a goûté à tout ! Voici les adresses que nous avons testées : le restaurant du Fromage à Malbuisson, dont on a apprécié les délicieuses meringues dans un décor boisé et baigné de soleil, celui de l’Hôtel des Bains à Salins et enfin, Les Deux Forts, également à Salins. Nous avons aussi dégusté une fondue dans une grotte, mais ça, on vous racontera en détail lors d’un prochain article.

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Le Fromage à Malbuisson

C’était également la bonne saison pour profiter du Mont d’Or, le fameux fromage présenté dans une boite en bois. Alors, dit comme cela, on peut penser que le week-end serait totalement indigeste. Oui mais non : comme le fromage est servi avec des légumes, une petite salade, cuisiné en sauce, et en petite quantité, finalement, on en ingère pas tant que cela à chaque repas. D’ailleurs, nous ne nous sommes pas lassées et nous avons même eu le plaisir de goûter aux fromages locaux lors des petits déjeuners.

Lors de ce week-end dans les montagnes du Jura, nous avons apprécié de déguster des assiettes simples, généreuses, à l’image de la région. Là, je veux évoquer un souvenir particulier. Je n’ai pas pensé à prendre de photo parce que j’étais trop fatiguée et vous le savez, je suis une tête de linotte. Lors de notre première soirée, j’ai mangé la meilleure salade de ma vie, à la table de Fred et Christine. Une salade simple comme tout mais vraiment délicieuse. Le secret de Christine est simple : passionnée par les plantes, elle met, dans sa salade, quelques fleurs qu’elle apprécie et a le tour de main pour préparer une vinaigrette savoureuse. C’est assurément l’une des meilleures raclettes de la saison que j’ai pu déguster à leur table, tout en simplicité : de fines couches de fromage fondu à la bougie, plein de pommes de terres et cette salade divine. Magique.

Fin mot de l’histoire, le plus grand intérêt de ce week-end aura été de prendre le temps. Prendre le temps de s’arrêter au bord des routes comtoises, de se perdre dans une grotte obscure, d’écouter les histoires de Chaussette, le chat de Lods. Se retrouver entre filles, à se raconter des blagues, loin des agendas et des coups de téléphone. Se dire : tiens, je n’ai plus de batterie. Bon. Pas grave. On continue ?

 

Nous avons eu l’opportunité de vivre ce week-end grâce à un partenariat avec les Montagnes du Jura, que nous remercions chaleureusement. Le choix des sujets évoqués et des illustrations sur le blog reste cependant entièrement nôtre.

 

11 réponses

  1. Souroure
    | Répondre

    Un bien joli parcours, très agréable à lire !

  2. Violaine
    | Répondre

    Trop top!!! :D J’ai bien ri au « on s’est tellement senties chez nous qu’on a… embarqué les clés ! » ah ah :)
    C’était un chouette weekend, merci encore pour avoir partagé ça! :D

  3. Jean-Philippe
    | Répondre

    Hey, super sympa de t’avoir croisé au début de ce WE « fromage et plein air ». Ca me donne envie d’aller faire un petit tour à Lods. Je ne connaissais pas du tout. ^^Biz biz

  4. Guillaume
    | Répondre

    Merci pour ce récit.

    Ca donne envie d’y aller :-)

    Juste un détail, ton clavier a fourché, tu as oublié un « r » à Gustave Courbet.

    Sinon une anecdote sur les heures tragiques de l’histoire à Pontarlier :

    « Le 17 juin 1940, « Heinz le Rapide », le général Guderian, commandant la 1re panzer, parvenait à Pontarlier, près de la frontière suisse, après avoir traversé Saint-Dizier et Langres. A Hitler stupéfait : « Vous voulez parler de Pontailler-sur-Saône ? », il assurait : « Il n’y a pas d’erreur ; suis personnellement à Pontarlier, sur la frontière suisse. » »

    http://www.chroniqueshistoire.fr/index_fichiers/le_17_juin_1940.htm

  5. […] Lods est dans le lot (OK, jeu de mots horrible)! On a eu l’occasion d’y séjourner avec la copine Sarah le temps de ce beau weekend dans les Montagnes du […]

  6. Océalie
    | Répondre

    Sympa ! Je me demandais justement ce qu’il y avait à faire par là-bas. Avec les Vosges, ce sont un peu les 2 régions de France que je ne connais pas du tout. La photo des sapins est superbe. Le mode wild me conviendrait bien :)

    • Sarah Lachhab
      | Répondre

      Merci beaucoup pour ton retour ! Je l’aime bien, moi, mon Est de la France :)

  7. […] de tisser des liens mentaux entre deux éléments que l’on pensait bien distincts. Lors de mon week-end dans les Montagnes du Jura avec Vio’Vadrouille, ce parallèle imprévu est né en superposant […]

  8. LadyMilonguera
    | Répondre

    Moi, ça me dit bien !

  9. […] Anna, des Montagnes du Jura, grâce à qui Violaine et moi avons eu l’opportunité de vivre un week-end rigolo en Franche-Comté en mars. C’est lors de la première édition que ce petit projet était né, et voilà que […]

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