Nouvelle-Calédonie : le p’tit tour de Grande Terre

IMG_8087Mille kilomètres. Cinq jours. Une 207, deux tentes, une grosse glacière et un briquet. Mardi, on se mettait en route pour notre première aventure calédonienne, le tour de Grande Terre. Une belle aventure dont on est revenus humides, salés, puant le feu de bois mais joyeux.

Jour 1, Nouméa – Farino – Bourail

Départ en grande pompe dans une 207 toute neuve sur la RT1, célèbre route longeant la côte ouest de l’île. Connue pour être la seule commune de Nouvelle-Calédonie à ne pas avoir d’accès à la mer, on y découvre malgré tout la jolie rivière éponyme, la Farino. On fait équipe avec Lucas et ses parents, eux aussi lancés dans un tour de Grande Terre. Rony nous montre  le captage d’eau potable qui alimente toute la commune.IMG_7752

Ensuite, direction Bourail où l’on fait la connaissance du Bonhomme, un « monolithe de quartz dur sculpté par les vagues », à la pointe de la Roche Percée. L’imposant personnage est réellement le « must » du coin, et après lui avoir serré la pince on va faire un tour à la Baie des Tortues, entourée de pins colonnaires à la nuit tombante. Surprise : on a vraiment vu des tortues barboter au bord de l’eau.IMG_7792-001

On se dépêche pour rejoindre le camping, sur la plage de Poé, avant la nuit. Là, on plante nos tentes pour la première fois et on admire Rony allumer un feu à partir de trois brindilles. Les merguez sont prêtes à flamber, les patates sont emballées et fourrées dans les braises. Miam. Trois gouttes de pluies, une rencontre avec un chien plein de bave et zou, au lit, on est déjà cuits.

IMG_7864

Jour 2, Bourail – Voh 

Grisaille matinale… Mais qu’importe. On glisse de la tente au sable pour faire un tour sur la plage de Poé, longue de 17 kilomètres. Il pleuviote, et si l’eau n’était pas si claire on se croirait à  Noirmoutier. Après un gros sandwich américain à l’Hibiscus de Bourail on prend la route pour Koné et puis Voh, où l’on trouve un spot de camping tellement bien qu’il est déjà bien squatté par des nuées de moustiques. On lance un feu digne des plus belles cheminées que l’on garnit des merguez restantes, et quand on a marre des moustiques mangeurs d’hommes, on s’endort comme des gosses.

IMG_7884-001

Jour 3, du coeur de Voh à Hienghene

Surprise du matin : grand soleil ! En plus, cette fois-ci, on a une casserole pour faire du café. Grand luxe. Manu prend même une douche (froide) pour fêter cette jolie journée. Gros programme ce matin, on va faire une balade pour admirer le coeur de Voh, que vous connaissez déjà à cause de la photo de Yann Arthus-Bertrand. Le running gag de toute l’ascension sera de repérer ce fameux coeur que tout le monde a en tête. Là, ce truc qui pointe, ça serait pas ça ? Tiens, là, on dirait un mannala… C’est pas un dépotoir, le machin, là ? Bref, l’affaire est sérieuse. Mais finalement, comme dira le monsieur qu’on a croisé en descendant, le coeur finit par nous « péter les pupilles ». Une fois qu’il est repéré, on ne peut plus y échapper.

IMG_7943-001

Deuxième étape de la journée : prendre la route transversale de Koné au lieu-dit Tiwaka pour rejoindre la côte est. La route est fabuleuse et on s’arrête au bord d’une jolie rivière où Manu pique une tête. Moins cool, pendant la baignade, notre réservoir se fait siphonner.

IMG_7974-001On met le cap sur Hienghene, où l’on se rend compte que de ce côté, la végétation et l’ambiance sont vraiment différentes. On fait coucou à la « poule », facilement reconnaissable, et on va se poser au camping pour la nuit. On met tellement longtemps à faire cuire nos steaks de cerf qu’on se gave à l’apéro et que la précieuse viande sera finalement partagée… avec le chien du camping.

IMG_8063

Jour 4, de la cascade de Tao à l’îlot Tibarama

La journée allait être épique mais on ne le savait pas encore. Gaiement, on traîne au camping avant de filer vers la cascade de Tao, haute de cent mètres et vraiment majestueuse. Pour y arriver, on prend le dernier bac de Calédonie, sur la Ouaieme. Rony et Manu piquent une tête, je m’endors au soleil en comptant mes boutons de moustiques.

IMG_8124 Après avoir suffisamment lézardé, on file vers Poindimié où l’on retrouve Lucas pour une aventure tragi-comique : l’idée est de louer des kayaks pour rejoindre l’îlot Tibarama, au large du camping de Mo Sa Sa. Et d’y passer la nuit. Premier obstacle, on arrive un peu tard dans l’après-midi et il faut passer la quatrième pour rejoindre l’îlot avant la nuit, qui tombe vite (et tôt) en Calédonie à cette période de l’année. On passe en revue notre paquetage histoire d’emmener le moins de choses possibles (vous connaissez les histoires  « tu pars sur une île déserte, mais tu ne peux emmener que dix objets »?). Et on saute, tant bien que mal, dans les kayaks.IMG_8146

On pensait pas que la houle serait plus forte que nos coups de pagaie et, résultat, les deux braves équipages se retrouvent en détresse au milieu de la mer (oui, j’exagère). On râle, on lutte, je pense à Magellan dont je suis en train de lire la biographie, et finalement, on touche l’îlot. Trempés comme des soupes, sous le vent qui se lève après la disparition du soleil. Tout part comme un début de film d’épouvante, mais heureusement, notre savoir-faire de Robinson va nous sauver. On adopte le feu d’une famille qui quittait l’îlot, on l’upgrade au niveau de « méga feu de bois » pour faire sécher nos fripes trempées. Rapidement, on se fait cerner par une armée de bernard-l’hermite. Lucas à l’idée ingénieuse de leur ouvrir des noix de coco et de les lancer au loin pour les occuper. Très malin. Ils se bousculent pour gratter l’intérieur des fruits… « Une bataille lente et silencieuse », analyse Lucas le philosophe.

IMG_8148
Après une nuit légère (pas de matelas, pulls mouillés, un sac de couchage pour deux… ) on se réveille sous le soleil et on remet à l’eau nos kayaks, légèrement inquiets. Mais le trajet retour se passe tout en douceur, les kayaks obéissent à nos coups de pagaie et on se retrouve rapidement au large du camping. Problème : c’est marée basse et l’eau a reculé jusqu’au « tombant du platier », c’est-à-dire au niveau où le corail s’arrête pour laisser place aux profondeurs. Après beaucoup d’hésitations, on accoste difficilement sur le corail (mort, apparemment) coupant et glissant et on porte, à bout de forces, nos embarcations jusqu’au camping. Mission réussie !

IMG_8158
Sales et humides, on se traîne avec bonheur au snack de Bourail, avant de faire un petit tour au musée local pour finir la semaine et rentrer à Nouméa où un ciel gris et épais nous attendait.

Et le côté pratique ? 

Les courbatures dureront moins que les souvenirs de cette semaine d’aventures et de balades dans les confins de la Nouvelle-Calédonie. Pour ceux que ça tente, sachez qu’il est très simple de se procurer plusieurs guides gratuits dans les mairies et les offices de tourisme. Pour une semaine, nous avons loué notre voiture 40 000 francs pacifique (330 euros) et nous avons payé, pour le camping, entre 1700 francs par tente (au plus cher, soit 14 euros) et 500 francs par personne pour une nuit (4 euros).

Bref, c’est facile, c’est magique, pourquoi se priver?

Bientôt, on vous parlera de nos aventures à Nouméa même et d’une éventuelle escapade sur une île : l’île des Pins, ou peut-être Ouvéa ! Suspense !

5 réponses

  1. LadyMilonguera
    | Répondre

    Quels magnifiques paysages !!!

  2. Marie-Rose
    | Répondre

    C’est magnifique ce que vous faites. Celà fait un moment que j’ai regardé vos commentaires,
    alors aujourd’hui j’ai tout lû. Je vois que vous avez eu des problèmes mais que vous avez
    surmontés bravo. Je pense à vous gros bisous et bonne continuation. Marie-Rose

    • longscourriers
      | Répondre

      Merci Marie-Rose ! Tout baigne pour nous, et on est prêts à partir à l’assaut de l’Amérique du Sud la semaine prochaine !

  3. Violaine
    | Répondre

    Et je te revois me raconter cette histoire dans un canoe sur l’Argens… ahah bref, j’ai souri au « trempes comme des soupes » :D super article :)

    • Sarah Lachhab
      | Répondre

      Ah mais oui on en parlait ! Punaise à relire ça je me dis… C’était quand même vachement bien.. :)

Répondre